Le sauvetage de Brussels Airlines bloque sur les sanctions

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Les négociations entre la Belgique et Lufthansa sur l'aide à Brussels Airlines sont proches de leur conclusion mais bloquent sur les sanctions si Lufthansa ne respecte pas l'accord.

Le dossier d’aide d’État à Brussels Airlines est toujours aussi compliqué à boucler. Selon nos informations, le plus gros obstacle réside dans le mécanisme de sanctions qui interviendrait si Lufthansa ne respectait pas les accords. Dans ce cas précis, il y aurait deux options : soit Lufthansa devrait payer une amende, soit le prêt accordé par le gouvernement se convertirait en actions. 

Un point très sensible, car Lufthansa ne veut pas d'ingérence du gouvernement dans ses affaires. Le gouvernement belge est échaudé et garde un mauvais souvenir de 2016, époque à laquelle Lufthansa avait entièrement repris Brussels Airlines. Le groupe allemand avait alors fait plusieurs promesses qu'il n'a pas respectées. 

Les discussions sont toujours en cours, nous assure-t-on chez les administrateurs de SN. Le dossier traîne alors que Lufthansa a déjà un accord en Autriche, en Suisse et en Allemagne. "Il faut vous rappeler les calendriers. L’accord entre la commission et le gouvernement allemand doit être validé par l’assemblée générale de Lufthansa le 25 juin", insiste Etienne Davignon, administrateur de SN. Il rappelle qu’une aide belge est conditionnée à cet accord entre Lufthansa et l’Allemagne.

"Si on avait un accord, cela se saurait, mais on n’en est pas nulle part non plus. Il n’y a pas d’agitation, on continue de discuter."
Etienne Davignon
Administrateur de SN holding

Ce qui n’a pas empêché l’Autriche d’avoir déjà un accord avec Lufthansa conditionné au sauvetage allemand. "Si on avait un accord cela se saurait, mais on n’en est pas nulle part non plus. Il n’y a pas d’agitation, on continue de discuter", insiste Davignon.

En attendant, les opérations reprennent lundi chez Brussels et la question est donc de savoir qui va les payer alors que l’on sait que la trésorerie de Brussels Airlines est en très mauvais état, même si les nombreuses réservations sur les premiers vols donnent un peu d’air à Brussels Airlines.

En Allemagne, c’est la soupe à la grimace. Lufthansa va sabrer plus que prévu dans ses effectifs. La compagnie a annoncé aux syndicats sont intention de se séparer de 22.000 équivalents temps plein, bien plus que les 10.000 postes annoncés début juin par le CEO Carsten Spohr. Selon le syndicat allemand Ufo, les emplois jugés excédentaires seraient encore plus nombreux. Il parle de 26.000 postes menacés, soit près de 19% des effectifs.

En Belgique, la filiale Brussels Airlines veut se séparer de 1.000 personnes (près d'un quart des effectifs), soit 800 équivalents temps plein. Les négociations avec le personnel sont très tendues et n’ont toujours pas abouti malgré la médiation. Le personnel ne veut pas de coupes définitives dans les salaires, comme le demande la direction.

Plan d'aides

Il nous revient qu'au Fédéral, le dossier Swissport et ses 1.500 licenciements ont mis la pression pour que soit trouvée une issue favorable au sauvetage de Brussels Airlines.

On parle d’une aide de 300 à 400 millions d’euros, alors que le groupe Lufthansa s'est tourné vers l'État allemand pour obtenir une aide de 9 milliards d'euros en échange d'une prise de participation à son capital et de la cession de 24 droits de décollage et atterrissage dans ses hubs que sont les aéroports de Francfort et de Munich.

26.000
emplois
Selon le syndicat Ufo, ce sont 26.000 postes qui sont menacés au sein du groupe Lufthansa.

Pour rappel, l’Autriche a signé un deal en début de semaine avec Lufthansa pour la sauvegarde de la filiale Austrian Airlines pour 450 millions d’euros avec une aide directe de 150 millions d’euros et un prêt de 300 millions d’euros. Lufthansa, de son côté, va injecter 150 millions d’euros dans sa filiale autrichienne et a garanti pour 10 ans une croissance pour le hub de Vienne similaire à celles des autres hubs du groupe.

L’aide suisse avec un prêt garanti de 1,2 milliard aux filiales Swiss et Edelweiss est aussi déjà entérinée.

C'est Alexander De Croo (Open Vld) qui est à la manœuvre dans le dossier belge. Le ministre des Finances a indiqué les dernières semaines que les contacts étaient étroits avec les Autrichiens. Le ministre de la Mobilité François Bellot (MR) estimait il y a quelques jours que le deal autrichien pourrait inspirer le gouvernement belge.

Chez Lufthansa, comme au cabinet De Croo, on ne voulait ce jeudi donner aucun commentaire sur les négociations.

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