Le sauvetage de Lufthansa facilite celui de Brussels Airlines

Les avions de Brussels Airlines sont cloués au sol jusqu'au 15 juin. ©REUTERS

Une fois le deal allemand signé, les choses pourraient s'accélérer en Belgique. Les syndicats et l'État belge voulaient en effet connaître le détail du deal allemand.

A l'heure d'écrire ces lignes, la finalisation du sauvetage de Lufthansa n'était pas encore confirmée. Mais il semble clair que celle-ci ne fait plus aucun doute depuis mercredi soir, quand la chancelière Angela Merkel a indiqué que l'État allemand et Lufthansa étaient proches d'un accord. Lufthansa a confirmé dans la foulée.

Si toutes les grandes lignes de l'accord sont conclues, il resterait encore quelques problèmes secondaires à régler selon des sources citées par l'agence Reuters. Le plan d'aide est comme prévu de 9 milliards d'euros. Le paquet d'aides, s'il est finalisé, comporte un prêt de 3 milliards d'euros de la banque d'investissement publique KfW.

"Le gouvernement mène de manière intense des discussions avec l'entreprise et la Commission européenne, une décision est attendue sous peu."
Angela Merkel
Chancelière allemande

Ce plan amènerait le fonds de stabilité économique du gouvernement fédéral (WSF), créé pour amortir les répercussions de la pandémie de coronavirus, à acquérir 20% du capital par des actions nouvellement émises, ainsi que des obligations convertibles en actions valant "5% supplémentaires plus une action", a détaillé Lufthansa.

L'offre formelle du WSF devait intervenir auprès de Lufthansa ce jeudi. L'État allemand obtiendrait au passage deux sièges au conseil de surveillance de Lufthansa.

Droit de veto de Berlin

La convertibilité pourrait être exercée si la compagnie décidait de vouloir mettre un veto sur une motion lors des AG de la compagnie. On pense tout particulièrement à la possibilité d'avoir une minorité de blocage en cas d'offre publique d'achat hostile par un tiers pour la faire échouer.

La Commission européenne doit encore donner son aval au deal. Une assemblée générale extraordinaire devra également donner son accord car les actionnaires actuels se retrouveront dilués. 

Lufthansa, qui a généré plus de 36 milliards d'euros de chiffre d'affaires en 2019, compte également sur l'aide des pays des filiales. Elle est déjà actée en Suisse qui aidera Lufthansa à hauteur de 1,28 milliard de francs dès que le plan allemand sera validé. 

"Le projet, qui n'a pas encore été finalisé, prévoit des mesures de stabilisation pour un montant allant jusqu'à 9 milliards d'euros, dont 3 milliards d'euros sous forme de prêt."
Lufthansa

Le dossier avance aussi bien en Autriche où Lufthansa espère près de 800 millions d'euros d'aide. La filiale, Austrian Airlines, a indiqué mercredi avoir trouvé un accord avec son personnel navigant sur des réductions de salaire et une réduction du temps de travail, susceptible de permettre une reprise des vols en juin. 

Dans la presse étrangère, il semble acquis que l'aide belge arrivera également. Un accord entre Lufthansa et l’État allemand était l'une des conditions mises en avant par le ministre Alexander De Croo (Open Vld) pour l'obtention d'une aide belge. Les autorités belges ont aussi demandé un business plan crédible pour la filiale Brussels Airlines dont l'orientation stratégique n'a pas été très claire depuis sa reprise à 100% par Lufthansa il y a 4 ans. 

Garanties contractuelles

Par ailleurs, Brussels Airlines qui veut réduire sa taille de plus de 25%, pousse un plan de restructuration avec de sévères coupes dans les salaires, des diminutions de temps de travail et un plan cafétéria étendu. Mille jobs sont menacés, mais des documents internes laissent entendre que le plan pourrait se limiter à 370 licenciements secs dont 310 Belges.

Il faudra voir aussi comment réagiront les autorités alors que l'État allemand aura son mot à dire dans le futur de Lufthansa, une option jusqu'ici refusée aux Belges en échange de leur aide. Lufthansa voudrait se limiter à des garanties contractuelles. 

"Un compromis n’est possible que si un accord intervient aussi entre les partenaires sociaux et la direction de Brussels Airlines", indiquait le cabinet De Croo il y a une semaine. Mais les syndicats n'entendent pas se faire dicter un agenda précipité pour les négociations sociales. Toutefois, les détails du deal allemand, une fois connus, vont aussi aider les syndicats à y voir plus clair.

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