Les 5 missions du nouveau CEO de l'aéroport de Charleroi

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Nommé CEO de Brussels South Charleroi Airport, Philippe Verdonck, un homme du secteur, devra écrire un nouveau chapitre de l’aéroport carolo en ménageant le climat social.

Le successeur de Jean-Jacques Cloquet, qui a annoncé son départ à la tête de l’aéroport carolo pour Pairi Daiza l’été dernier, est trouvé. Philippe Verdonck, d’origine flamande, vient d’être désigné à l’unanimité par les membres du conseil d’administration comme CEO de BSCA. La date de son entrée en fonction n’est pas encore connue, mais devrait intervenir d’ici "un mois ou deux".

"Il a des qualités managériales indéniables et est très fort en business opérationnel. On sent également une vraie capacité d’écoute et une volonté d’être attentif au dialogue avec les organisations syndicales", réagit le président de l’aéroport carolo Laurent Levêque.

Le Setca soulagée que ce ne soit pas Knoops

Après la nomination de Philippe Verdonck, le Setca était a priori positive sur cette décision. "Une grand crainte pour nous aurait été l’arrivée de Denis Knoops qui était sur la shortlist et qui a laissé de mauvais souvenirs sociaux chez Delhaize. De plus, il n’y connaît rien dans l’aérien", explique Alain Goulens, secrétaire permanent de la Setca Charleroi.

Le message véhiculé par le président Laurent Levêque laissant entendre que le nouveau CEO est attentif au dialogue social est bien reçu. «Il connaît le monde de l’aérien, c’est positif. Au niveau de son adaptation à la culture régionale, on ne va pas anticiper et on verra comment cela se passe», ajoute Goelens.

Enfin, le syndicat estime avoir été entendu par Jean-Luc Crucke, qui "a été très correct" dans ce dossier. Il faudra maintenant voir si Philippe Verdonck sera "capable de relever les fameuses 5 missions", dit encore Goelens.  

L’homme possède une assez longue expérience dans le cargo aérien (Nippon Express, Worldwide Flight Services, dont il est actuellement general manager) et dans les vols passagers (American Airlines, Korean).

Une shortlist de trois noms était encore sur la table à l’issue d’un processus de sélection des candidats. En plus de Philippe Verdonck, on trouvait Denis Knoops, l’ancien patron de Delhaize qui avait mené la restructuration de la marque au Lion en 2014, et Françoise Barrard, une Française en charge de la gestion des activités d’Air France à l’aéroport de Paris.

"C’est quelqu’un d’ouvert qui sera attentif au dialogue avec les organisations syndicales."

Un temps qualifié de Flamand par la presse, Philippe Verdonck est parfait bilingue depuis la tendre enfance, insiste-t-on chez BSCA. Originaire d’Overijse, l’un de ses parents étant francophone, il alternait les deux langues à la maison. Il a étudié le commerce à Anvers. Philippe Verdonck parle évidemment très bien l’anglais, ce qui est essentiel dans le secteur aérien. Il parle aussi italien, ce qui ne doit pas être pour déplaire à l’actionnaire privé de l’aéroport, le groupe italien Save, qui détient 27,65% du capital.

"On sait d’où vient l’aéroport de Charleroi, un aéroport familial qui a grandi et qui veut garder une âme. Notre nouveau CEO veut garder cet esprit, ajoute Laurent Levêque. Son idée n’est pas de tout modifier. Il veut s’intégrer dans une structure avec l’équipe existante. Il a évidemment des projets très concrets et des projets ambitieux."

Cinq missions

Jean-Luc Crucke (MR), le ministre en charge de la Politique aéroportuaire en Wallonie, a suivi de près la nomination du nouveau patron de l’aéroport de Charleroi. Simple observateur dans la procédure de sélection des candidats, il dresse aujourd’hui pour L’Echo les 5 missions qui attendent le successeur de Jean-Jacques Cloquet.

Paix sociale: "Cette paix sociale, c’était un peu la marque de fabrique de Jean-Jacques Cloquet. Le nouveau CEO doit maintenir une paix sociale forte. Nous avons, à Charleroi, des syndicats qui sont très responsables de leur outil économique. Il faut que cela continue ainsi. Le dialogue sera important."

Redevenir rentable: "Aujourd’hui, l’aéroport perd de l’argent. Une entreprise doit gagner de l’argent. Le CEO doit entendre ce message. Pour y parvenir, le CEO va devoir diversifier les sources de revenus de l’aéroport et en refaire une affaire rentable."

Diminuer la dépendance à Ryanair: C’est un des cailloux dans la chaussure de l’aéroport de Charleroi. "Il doit se diversifier. Aujourd’hui, Ryanair accapare 70% de la clientèle. Une diversification semble stratégiquement importante. Il faut diminuer la dépendance à l’égard de Ryanair."

Un hub intercontinental: Le ministre range ce point dans la catégorie des défis. "Il faut faire de BSCA un hub en accueillant des vols intercontinentaux. Cela a été fait avec Air Belgium mais il faut continuer. L’allongement de la piste est un élément technique qui doit permettre d’y arriver. Mais il n’y a pas que la piste. C’est un vrai défi pour l’avenir."

Aéroport bas carbone: "Il faut inscrire BSCA dans un management bas carbone. Trop peu a été fait par rapport à l’aéroport de Liège ou de Zaventem. Pour un aéroport, c’est un véritable challenge aujourd’hui."

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