"Les aiguilleurs du ciel scient la branche sur laquelle ils sont assis"

©Photo News

Les mouvements sociaux perdurent chez les aiguilleurs du ciel. À l’aéroport de Liège, on fulmine. La crise frappe durement les activités. On y rappelle que le service pour lequel on y paye doit être réalisé. Si l’on parle souvent des passagers à Brussels Airport, l’activité fret y souffre beaucoup également.

Alors que le conflit social perdure chez Skeyes et que les grèves continuent pendant les nuits, du côté des aéroports, le ras-le-bol se fait de plus en plus sentir. Une partie (est) de l'espace aérien belge sera ainsi à nouveau fermée dans la nuit de ce mardi à mercredi, entre 1h30 à 4h30, en raison de nouveaux aiguilleurs du ciel déclarés malades.

"C’est très problématique au niveau commercial. Nous vendons un service 24h/24, 7 jours sur 7."
Christian Delcourt
Communication Manager de l’aéroport de Liège

Surtout à Liège. Rien que la nuit de lundi à mardi, une cinquantaine de vols ont dû être annulés à l’aéroport liégeois, exclusivement du fret. "C’est inimaginable que lorsqu’on paye pour un service, ils ne sont pas capables de le fournir. On peut comprendre qu’il y ait des problèmes, mais ils sont super bien payés, ils ont un super job. Franchement, ils scient la branche sur laquelle ils sont assis", fulmine Christian Delcourt, Communication Manager de Liège Airport. "Cela coûte des millions d’euros sur le court terme sans parler des dégâts au niveau de l’image de marque de Liège Airport et du paysage aérien belge. C’est une catastrophe économique", résume-t-il.

Être ouvert 24h/24, 7 jours sur 7 est l’argument de vente par excellence de l’aéroport de Liège. C’est peut-être pour cela qu’il souffre davantage que les autres des arrêts de services nocturnes.

"La régionalisation du contrôle aérien est une piste sérieuse, d’autant que la Flandre y est favorable."
Jean-Luc Crucke

L’aéroport wallon plaide, à moyen terme, pour une régionalisation du contrôle aérien et pour la privatisation de ce service. C’est aussi le point de vue du ministre des Aéroports Jean-Luc Crucke. "La Suède et l’Angleterre passent par un appel au marché pour contrôler leur ciel. J’ai demandé à la Société wallonne des aéroports (Sowaer) d’étudier cette possibilité. La régionalisation du contrôle aérien est une piste sérieuse, d’autant que la Flandre y est favorable. Je sais qu’au niveau du droit international, cela n’ira pas de soi mais nous ne pouvons pas continuer comme ça. Les compagnies aériennes ont besoin d’une stabilité pour travailler", expliquait le ministre, fin mars.

Alors que l’aéroport de Liège se profile comme un hub attractif pour le fret international, cette histoire fait très mauvais genre. Les accords ont ainsi été signés avec les chinois d’Alibaba pour arriver sur l’aéroport wallon avec un tout nouveau centre logistique. Il ne faudrait pas que la réalité du terrain mine ce genre de développement, nous revient-il en effet de l’aéroport liégeois.

Image belge écornée

À Brussels Airport, la fermeture de l’espace aérien durant la nuit n’a engendré que des perturbations limitées mardi matin pour les passagers, avec des retards d’une demi-heure en moyenne. Il aura néanmoins fallu attendre jusqu’à 11 heures du matin environ pour rattraper le retard accumulé.

Si aucun vol passager n’a dû être annulé en raison de la situation chez Skeyes, l’organisme en charge du contrôle aérien, 27 vols cargo ont par contre été annulés (départs et arrivées), principalement des vols DHL.

8,7%
.
En mars, 8,7% des vols cargo ont dû être annulés à l’aéroport bruxellois en raison des différents mouvements sociaux chez les aiguilleurs du ciel, de quoi diminuer les volumes de 61.514 tonnes.

Croire que le problème serait lié à la Wallonie quand on ferme l’espace aérien la nuit est donc réducteur. En mars, 8,7% des vols cargo ont dû être annulés à l’aéroport bruxellois en raison des différents mouvements sociaux chez les aiguilleurs du ciel, de quoi diminuer les volumes de 61.514 tonnes. En dehors des coûts, c’est surtout la réputation et l’image de l’aéroport qui en prennent encore un coup. Le risque est que certaines compagnies aériennes n’aient plus envie de venir à Brussels Airport ou que des passagers décident de partir d’ailleurs.

Les coûts des annulations sont colossaux, d’abord pour les clients des aéroports, qu’ils opèrent du vol passager ou du fret. Pour chaque vol, c’est un casse-tête. "Quand les avions ne se posent pas ici, ils ne paient pas de taxes atterrissage ou de parking te ne prennent pas de fioul ici, non plus", ajoute-t-on à l’aéroport de Liège.

Lire également

Publicité
Publicité

Echo Connect