Les Etats-Unis menacent les vols US de Brussels Airlines

©BELGA

Les Etats-Unis souhaitent limiter certains vols de compagnies aériennes européennes en direction des Etats-Unis, dont ceux opérés par Brussels Airlines pour le compte de sa maison mère Eurowings à partir de sa base de Düsseldorf.

La guerre commerciale qui oppose les Etats-Unis et l’Europe touche Brussels Airlines. Le ministère américain des Transports (DOT ou Department of Transportation) a annoncé fin février sa décision de mettre un terme aux opérations "wet-lease" de compagnies aériennes européennes en direction des Etats-Unis. Le concept de "wet-lease" permet à une compagnie aérienne d’opérer certains vols – avec ses avions et son personnel – pour compte d’une autre compagnie.

Brussels Airlines fait partie des sociétés qui pratiquent le "wet-lease". Depuis l’an dernier, la compagnie belge assure des vols à partir de Düsseldorf vers différentes destinations aux Etats-Unis pour compte de sa maison mère Eurowings. Les Airbus volent sous les couleurs et le logo d’Eurowings, mais l’appareil, les équipages et la licence sont fournis par Brussels Airlines.

Les Etats-Unis mettent ainsi la pression sur les activités – en plein développement – de Brussels Airlines à Düsseldorf. Les Américains ne peuvent accepter que les compagnies aériennes européennes bénéficient de conditions plus favorables que leurs concurrentes américaines.

D’après une directive européenne datant de 2008, les compagnies aériennes non européennes, peuvent voler pendant un maximum de 14 mois selon la formule de "wet-lease" pour le compte d’une entreprise européenne. Les compagnies aériennes européennes, par contre, ont un accès illimité au marché du "wet-lease" américain.

En 2018, après six ans de négociations, les Etats-Unis ont enfin conclu un accord avec l’Union européenne, qui permet aux compagnies américaines et européennes de fonctionner selon les mêmes règles. Mais certains États membres tardent à entériner l’accord.

D’autres solutions

Chez Lufthansa, le propriétaire allemand de Brussels Airlines, on confirme que les vols de la compagnie belge à partir de Düsseldorf sont dans le collimateur des Américains. En juillet, la période de 14 mois arrivera à expiration et les vols de l’Allemagne vers les Etats-Unis pourraient être impossibles à assurer dans leur configuration actuelle.

Cette situation pourrait avoir un impact négatif sur Brussels Airlines. Eurowings a délégué les vols américains à sa filiale belge parce que la compagnie à bas coûts se focalise sur les vols intra-européens et est occupée par la reprise d’une partie des activités de la compagnie Air Berlin (en faillite). Grâce à sa longue expérience avec ses vols vers l’Afrique, Brussels Airlines est devenue lors de la fusion avec sa nouvelle maison-mère le centre de compétence du groupe pour les longs courriers.

Les activités à Düsseldorf sont entre-temps devenues un des plus importants pôles de croissance de Brussels Airlines. La compagnie assure plusieurs vols par semaine vers quatre destinations américaines:

• Newark
• JFK (New York)
• Miami
• Fort Myers (Floride)

Las Vegas devrait s’ajouter cet été.

"Nous recevons des signaux indiquant que les discussions sont en bonne voie."
Christina Foerster
CEO de Brussels Airlines

Quatre avions, 235 membres du personnel de cabine et 77 pilotes de Brussels Airlines sont aujourd’hui stationnés à Düsseldorf.

Lufthansa espère que le conflit pourra trouver une issue favorable. "Nous sommes optimistes, nous dit-on, et nous espérons que les accords conclus pourront entrer en vigueur au cours des prochaines semaines, ce qui permettrait d’aplanir les récentes divergences de vues à propos des vols ‘wet-lease’ entre les deux continents."

Chez Brussels Airlines, on ne s’inquiète pas trop. "Nous recevons des signaux indiquant que les discussions sont en bonne voie, nous a déclaré la CEO Christina Foerster. Et vu que nous faisons partie d’Eurowings, nous pouvons trouver une autre solution."

Par exemple, Lufthansa ou Eurowings pourraient assurer elles-mêmes les vols vers les Etats-Unis, mais pourraient tout aussi bien transférer la responsabilité totale de ces vols chez Brussels Airlines.

Lire également

Publicité
Publicité

Messages sponsorisés