Les Pays-Bas entrent au capital d'Air France-KLM, l'action chute

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L'action Air France-KLM chute à la Bourse de Paris après l'annonce de l'entrée au capital de l'Etat néerlandais, qui entend détenir le même niveau de participation que l'Etat français. Cette opération fait craindre un conflit politique susceptible de freiner la restructuration de la compagnie aérienne.

L'Etat néerlandais a acquis une participation de 12,68% dans Air France-KLM pour 680 millions d'euros afin de renforcer son influence dans le groupe aérien et compte porter cette part au niveau de celle de la France, soit environ 14%, a annoncé mardi le ministre néerlandais des Finances.

  La France détient actuellement une participation de 14,3% dans le groupe. Cette opération intervient après des frictions sur l'avenir du patron de KLM, Pieter Elbers, que le conseil d'administration du groupe Air France-KLM a finalement proposé de reconduire dans ses fonctions le 19 février. Les dirigeants de la branche néerlandaise avaient manifesté début février leur inquiétude quant au non-renouvellement du mandat de leur patron en avril et averti que le personnel pourrait faire grève.

La transaction fait également suite à une série de grèves chez Air France l'an dernier. "Avec cette acquisition, le gouvernement néerlandais veut pouvoir influencer directement le développement futur d'Air France-KLM afin d'assurer de la meilleure façon possible l'intérêt public néerlandais", a précisé Wopke Hoekstra. 

L'action chute

Ce mercredi, suite à l'annonce de l'entrée de l'Etat néerlandais au capital de la compagnie aérienne, l'action d'Air France-KLM chutait de plus de 8%Pourquoi? Selon les analystes de Liberum, l'interférence étatique n'est pas la bienvenue et devrait contrarier les intérêts des investisseurs: "Air France-KLM risque de devenir un 'football' politique entre deux gouvernements. (...) Le directeur général Benjamin Smith pourrait voir sa liberté d'action pour restructurer le groupe restreinte par ses deux grands actionnaires qui sont deux Etats avec des priorités qui différent entre elles et de celles des investisseurs institutionnels." Les analystes de Liberum ajoutent que la cession un temps envisagée par l'Etat français de sa participation dans Air France-KLM a désormais peu de chances de se produire.

Parallèlement, les analystes de Morgan Stanley ont abaissé leur recommandation sur le titre Air France-KLM à "pondération en ligne" contre "surpondérer", estimant que l'apaisement des relations sociales et la meilleure visibilité sur la stratégie du groupe étaient intégrés dans le cours.

Pour rappel, Air France et KLM ont fusionné en 2004 mais continuent à opérer de façon largement indépendante alors que la branche française a été secouée par des mouvements sociaux ces dernières années.

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