Les primes d'O'Leary passent tout juste en AG de Ryanair

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Jeudi, alors que le personnel de cabine de Ryanair était en grève en Espagne, Michael O’Leary a fait passer de justesse à l’assemblée générale des actionnaires un plan qui pourrait lui permettre de gagner 100 millions d’euros de primes sur cinq ans.

Alors que le personnel de cabine de Ryanair était en grève en Espagne pour protester contre la fermeture de quatre bases aériennes de la compagnie dans le pays, Michael O’Leary a fait passer de justesse à l’assemblée générale des actionnaires un plan qui pourrait lui permettre de gagner 100 millions d’euros de primes sur cinq ans.

Dans le même temps, il a diminué son salaire et son bonus annuel à 500.000 euros chacun.

À quelles conditions?

Alors que tout le monde dit que les signaux sont au rouge avec le prix du pétrole et la conjoncture, il dit qu’il va doubler le prix de l’action. On ne va certainement pas y arriver en augmentant la qualité de l’emploi.
Didier Lebbe
secrétaire permanent de la CNE

Pour obtenir ces primes (en stock options), il devra doubler les bénéfices du groupe pour les porter à deux milliards d’euros annuels et/ou faire en sorte que l’action atteigne 21 euros. Le titre a atteint 19,39 euros en août 2017, mais sa valeur a été divisée par deux depuis.

"Je ne sais pas si je dois rire ou pleurer avec ça. Alors que tout le monde dit que les signaux sont au rouge avec le prix du pétrole et la conjoncture, il dit qu’il va doubler le prix de l’action. On ne va certainement pas y arriver en augmentant la qualité de l’emploi", s’inquiète le secrétaire permanent de la CNE, Didier Lebbe.

50,5% de votes positifs

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À peine 50,5% des actionnaires se sont prononcés en faveur de ce mécanisme. Un camouflet pour l’emblématique patron irlandais, surtout qu’il possède lui-même 3,9% du capital. Le président du conseil de rémunération Howard Miller avait essayé de convaincre les actionnaires en indiquant que ce deal ne coûterait qu’1,6 million d’euros par an à Ryanair.

Du côté syndical, et alors que diverses manifestations sont prévues le 27 septembre en Europe, on craint surtout que les plans de Michael O’Leary amènent de la casse sociale. Ce dernier envisage, en effet, le licenciement de 500 à 700 pilotes. Il a dit aux investisseurs qu’il continuerait à se battre contre les syndicats, estimant que leurs grèves ont été "des échecs totaux".

Le patron attend toujours que les 737 MAX puissent voler. En attendant, les capacités de Ryanair devront être revues à la baisse pour l’été prochain.

"Ah! la Belgique..., Faire la grève est un hobby national"

L'activité belge de Ryanair devrait être épargnée par la restructuration. Interrogé, Michael O'Leary affirme que notre pays ne souffre pas de surplus de pilotes et que des avions ne seront pas supprimés que ce soit à Bruxelles ou à Charleroi (si la livraison des Boeing 737 MAXX n'est pas encore retardée).

Le discours du patron se corse quand on aborde la question sociale. "Ah! la Belgique..., vous avez de super joueurs de football comme Kevin De Bruyne ou Vincent Kompany. Mais vos syndicats..." Le ton est lancé. "Faire la grève est un hobby national, un passe-temps favori en Belgique. On a signé des conventions avec les syndicats et s'ils veulent discuter avec nous, il y a un processus à suivre", lit-on dans La Libre Belgique.

Le personnel a évoqué une éventuelle action le 27 septembre en soutien à leurs collègues britanniques, espagnols et portugais. La réponse de Michael  O'Leary: "Les syndicats belges ont été très mal informés, car personne chez Ryanair en fera grève vendredi prochain. Donc je leur dis: si vous voulez être solidaires avec les gens au Royaume-Uni, au Portugal ou en Espagne qui travailleront, fermez-la (sic) et travaillez normalement."

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