Les sous-traitants belges épargnés jusqu'ici par les difficultés de Boeing

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Le géant américain a vu une première commande filer chez son rival Airbus. Pas d’inquiétude jusqu’ici pour les fournisseurs belges, peu présents sur le 737 MAX, à part le motoriste liégeois Safran Aero Boosters.

Nouveau coup dur pour Boeing : la compagnie low-cost saoudienne Flyadeal a décidé l’annulation d’une commande de 737 MAX au profit du concurrent A320 neo d’Airbus . C’est la première fois qu’un transporteur aérien revient sur un engagement d’achat auprès du géant aéronautique américain pour le 737 MAX depuis que l’avion phare de Boeing est cloué au sol suite à deux crashs.

Flyadeal, filiale low-cost de la compagnie nationale Saudi Arabian Airlines, avait passé en décembre dernier une commande provisoire pouvant aller jusqu’à 50 Boeing 737 MAX, soit un engagement sur 30 appareils puis une option d’achat pour 20 autres.

Elle a annoncé ce week-end une "croissance significative de sa flotte avec une commande de 30 A320 neo et une option d’achat pour 20 A320 neo supplémentaires". Des livraisons qui débuteront en 2021. Cette commande fait partie d’un accord pour un total de 65 appareils, signé entre Saudia Airlines et Airbus au salon du Bourget.

Cette décision est un revers commercial pour Boeing, qui doit prouver que le 737 MAX peut redevenir un avion fiable. L’avionneur américain travaille d’arrache-pied depuis des mois sur une refonte du système antidécrochage MCAS, sans que l’on sache jusqu’ici s’il faut juste une mise à jour du système ou un remplacement de pièces défaillantes. En attendant, la Belgique a décidé de prolonger l’interdiction de vol du 737 MAX jusque fin 2019.

"Boeing n’a pas demandé à ses sous-traitants de livrer moins, de peur de perturber la chaîne d’approvisionnement." Un spécialiste

Ces incertitudes risquent de forcer Boeing à réduire une nouvelle fois la production du MAX, passée déjà de 52 à 42 exemplaires par mois. Le constructeur US pourrait annoncer de premières mesures de chômage technique dans l’usine de production du MAX à Renton, près de Seattle.

Pas de compensations

Pour l’instant, ces diminutions de cadence n’ont pas encore eu de répercussions sur les équipementiers, chez qui une certaine inquiétude commence toutefois à voir le jour car ils savent qu’ils peuvent subir les aléas, à la hausse ou à la baisse, de leurs donneurs d’ordre, sans possibilité de compensation.

En Belgique, c’est Safran Aero Boosters (SAB) qui semble le plus exposé: sa maison mère est fournisseur exclusif des moteurs Leap-1B du MAX avec General Electric via la société commune CFM International. L’ex-Techspace Aero fournit le compresseur basse pression de ce moteur de nouvelle génération. "Mais il n’y a pas d’impact à ce jour", nous a indiqué une porte-parole. "Nous avons un léger ajustement de la cadence en cours mais maintenons notre objectif de livrer à notre client Safran Aircraft Engines 1.800 compresseurs basse pression Leap en 2019", a poursuivi cette porte-parole. Le moteur Leap équipe également, dans une version légèrement différente, une bonne partie des A320 Neo.

L’autre poids lourd belge du secteur, la Sonaca, ne fournit pas de pièces à Boeing pour le MAX depuis la Belgique. Sa filiale américaine, LMI Aerospace, produit certes certains éléments de l’appareil pour l’équipementier américain Spirit. "Mais jusqu’ici, Boeing n’a pas demandé à ses sous-traitants de livrer moins de pièces, de peur de perturber la chaîne d’approvisionnement et que les fournisseurs aient du mal à remonter ensuite en cadence", souligne une source chez l’équipementier carolo.

De leur côté, Sabca et Asco ne sont pas concernés, n’étant pas fournisseurs pour le 737 MAX. Asco, en cours de rachat par Spirit, a travaillé par le passé sur le 737 MAX, mais Boeing n’avait pas renouvelé le contrat.

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