Les syndicats de Brussels Airlines regardent vers l'Allemagne

©BELGA

Les regards syndicaux sont tournés vers l'Allemagne pour voir si l'État va sauver Lufthansa. Difficile pour eux de vraiment discuter avec la direction de Brussels Airlines en attendant.

Le management de Brussels Airlines espère arriver à un accord social sur son plan de restructuration d'ici la fin du mois de mai. 

Après le conseil d'entreprise de ce lundi matin, il semble néanmoins que les choses ne seront pas simples. Plus de 100 questions ont été collectées lors de la phase 1 de la loi Renault, dite de consultation et d'information, lors de laquelle les syndicats peuvent poser interroger l'entreprise sur ses intentions. 

"L'Allemagne sera-t-elle prête à voir l'argent de son contribuable utilisé pour relancer une activité en Belgique?"
Didier Lebbe
Permanent CNE

Mais, côté syndical, les regards sont tournés vers l'Allemagne, où on attend toujours de voir quelle forme prendrait un sauvetage de Lufthansa par l'État. Un plan de sauvetage auquel tous les autres pays (Autriche, Suisse et Belgique) semblent conditionnés. "Tant que l’on ne sait pas si Angela Merkel va aider Lufthansa et si cet argent va pouvoir payer le plan social belge, on parle dans le vide", tance Didier Lebbe de la CNE. "L'Allemagne sera-t-elle prête à voir l'argent de son contribuable utilisé pour relancer une activité en Belgique", s'interroge le syndicaliste.

Comme L'Echo l'écrivait la semaine passée, le plan sur la table de négociations de la direction prévoit des diminutions de salaire importantes ainsi que des outils de flexibilité et des départs à la pension pour diminuer la casse sociale. 

Et pourtant, il semble que le personnel de la compagnie aérienne soit prêt à faire un effort. Plusieurs représentants syndicaux ont ainsi proposé une réduction du temps de travail lundi matin. Leur raisonnement est le suivant: si le personnel travaille temporairement, moins d'heures, plus de personnes pourront rester à bord.

Filip Lemberechts, secrétaire permanent du syndicat libéral CGSLB/ACLVB, exprime l'espoir d'éviter de la sorte "plusieurs centaines" de licenciements. "La volonté d'aider à sauver l'entreprise est là, mais pas de la manière drastique qui est pour le moment sur la table", complète Paul Buekenhout, secrétaire permanent du syndicat chrétien flamand ACV. Il se dit en effet en particulier préoccupé par la piste prévue dans le projet de CCT de la direction qui convertirait les salaires nets des salariés en un "plan cafétéria", où les travailleurs choisiraient parmi plusieurs avantages. Mais aucune cotisation sociale ne serait versée dans ce cadre, avertit-il.

Le plan présenté en interne sur le nouveau réseau de Brussels Airlines à horizon 2022. ©Mediafin

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