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Les syndicats dénoncent un "flou total"à l'aéroport de Charleroi

©Photo News

Le climat social est très tendu à l'aéroport de Charleroi. Outre le départ du CFO, les syndicats dénoncent un "flou total" de la part de la direction.

Mais que se passe-t-il à l’aéroport de Charleroi? Alors que la grogne sociale monte, ce mardi, le directeur financier de l’aéroport de Charleroi, Denis Tellier, a été licencié. Une information révélée par nos collègues de la Libre qui nous a été confirmée.

Du côté de la CNE, on explique que "des cas de harcèlement" auraient eu lieu dans le service financier de l'aéroport. "Ce départ, c’est un soulagement. Plusieurs personnes ont quitté le service à cause de ça. Cela avait été soulevé début juillet en délégation syndicale", détaille Yves Lambot, secrétaire permanent CNE.

Sacré malaise

Au-delà de ce départ, un sacré malaise règnerait au sein du personnel.

"En juin, on parlait d'économies de 10 millions d’euros, maintenant de 4 millions. Le flou est total."
Alain Goelens
Secrétaire permanent SETCa Charleroi

Les travailleurs regrettent un flou artistique grandissant dans les halls de l’aéroport. Certains ont d'ailleurs débrayé spontanément pendant deux heures lundi. "On ne comprend pas le plan de la direction.  Lors de la rencontre avec le ministre Jean-Luc Crucke en juin, Gilles Samyn a répondu que l’accord social devait être bouclé pour fin octobre au plus tard, sinon il y aurait des problèmes pour que les actionnaires privés libèrent l’argent (via l'augmentation de capital, NDLR). Maintenant, on nous dit que l’accord doit être conclu pour fin novembre. En juin, on parlait d'économies de 10 millions d’euros, maintenant de 4 millions. Le flou est total", déplore Alain Goelens, secrétaire permanent à la SETCa Charleroi.

Qui dirige?

Il y a évidemment la question de la direction. Le nouveau CA présidé par Gilles Samyn, le CEO Philippe Verdonck ou encore le "facilitateur social" Jean-Jacques Cloquet, les travailleurs ne savent plus qui est leur interlocuteur.

"Il y a un vrai ras-le-bol du personnel par rapport aux conditions de travail."
Yves Lambot
Secrétaire permanent CNE

Ce ne sont pas les problèmes qui manquent pourtant, selon eux. Il y a d'abord l'épineuse question de la flexibilité. "Il y a un vrai ras-le-bol du personnel par rapport aux conditions de travail. La planification des horaires les rend très compliqués, sans suffisamment de récupération", regrette Yves Lambot.

Alain Goelens a sorti ses calculettes. "En janvier 2019, nous étions encore 699 personnes pour 607 ETP. EN janvier 2021, 665 personnes physiques pour 579 ETP", dit-il.

14
liaisons
La SETCa a calculé que 14 nouvelles liaisons viendraient s'ajouter à l'horaire d'hiver par rapport à l'hiver 2019.

Dans le même temps, l'activité a repris en grosse partie avec des mouvements d'avions et de passagers qui n'étaient plus en baisse que de 16% et 26% respectivement en août par rapport à août 2019. "La charge de travail n'a pas diminué, au contraire, avec la surcharge de travail des contrôles covid", ajoute Goelens.

"Maintenant que tout reprend, c’est ingérable pour le personnel. Deux personnes ont d'ailleurs fait récemment un infarctus sur le lieu de travail", ajoute Lambot qui explique que la direction demande que certains travailleurs "resignent pour du chômage covid". "Comme le travail a repris, on ne voit pas pourquoi certains travailleurs devraient accepter ce régime moins intéressant financièrement."

Cloquet, lundi

Une réunion doit avoir lieu lundi à l'hôtel Van Der Valcke dans une salle "réservée par Jean-Jacques Cloquet". De nouveau, les syndicats se demandent de quoi il s'agira exactement. "Qui va négocier, le président du CA ou le CEO?", questionne Lambot.

"Avant de discuter de l'avenir, réglons déjà les problèmes du présent sans mettre une épée de Damoclès au-dessus des gens."
Alain Goelens
Secrétaire permanent SETCa Charleroi

"Avant de discuter de l'avenir, réglons déjà les problèmes du présent sans mettre une épée de Damoclès au-dessus des gens. Nous ne voulons ni de réduction du temps de travail ni de diminution de salaire. Il n’est pas question de toucher aux CCT existantes. La situation n'est pas merveilleuse, mais les indicateurs sont positifs. En juin 2021, il y avait 9 routes opérées en plus qu'en juin 2019. À partir de fin octobre, il y en aura 14 en plus", détaille Goelens.

La direction qui ne souhaite pas réagir parlait en juin de diminuer de 60 le nombre d'ETP total.

Le résumé

  • La grogne sociale monte à l'aéroport de Charleroi.
  • Le personnel regrette un flou total sur les plans de la direction.
  • Une réunion doit avoir lieu lundi.
  • Le directeur financier a été licencié. La CNE parle de cas de harcèlement dans ce service.

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