Les taxis volants, la science-fiction devient peu à peu réalité

Archer Aviation, dont le siège est à Palo Alto, a présenté son futur taxi volant "Maker" ©REUTERS

Ces nouveaux véhicules volants pourraient arpenter le ciel dès 2024. Des percées commerciales ont été annoncées ces dernières heures par trois entreprises.

Archer Aviation a dévoilé, jeudi, en grande pompe, son premier taxi volant électrique "Maker". Il faut dire que les eVTOL - electric Vertical Take-Off and Landing - des véhicules de décollage et atterrissage verticaux, ont le vent en poupe ces derniers jours. En plus d’Avalon Aviation, les start-ups Vertical Aerospace et Embraer ont également annoncé des percées dans leurs projets.

Domhnal Slattery, le CEO d’Avolon, une société de leasing d'aéronefs, ne s’y trompe d’ailleurs pas, déclarant, qu’à terme, les taxis volants devraient venir concurrencer les avions de ligne. "Nous pensons que c'est le début de la prochaine grande évolution de la mobilité aérienne urbaine", indique-t-il. Selon les experts, le marché des taxis volants pourrait ainsi valoir des milliards lors des dix prochaines années

Multiplications d’accords

Avalon justement, s’est mis d’accord, jeudi, avec American Airlines et Virgin Atlantic Airways pour acheter environ 1.000 appareils à l’entreprise britannique Vertical Aerospace. En tout, cette opération pourrait rapporter 4 milliards de dollars à la start-up anglaise, qui collabore notamment avec Solvay pour développer ses taxis-volants.

Vertical devrait également bientôt être listé à la Bourse de New-York. Pour ce faire, un outil semble être privilégié par les entreprises de taxis volants: les SPAC, ces véhicules d’acquisition à usage spécial. La start-up devrait, en effet, fusionner avec la SPAC Broadstone Acquisition. Les capitaux propres des sociétés combinées est aujourd'hui évalué à environ 2,2 milliards de dollars.

L’entreprise brésilienne Embraer a, dans le même temps, confirmé qu’elle était en pourparlers pour fusionner son unité eVTOL avec la SPAC Zanite Acquisition. L’annonce a eu pour mérite de faire grimper son cours d'environ 15%, alors que la valeur des deux entités combinées est évalué à 2 milliards de dollars.

"Notre objectif réel est de créer une solution de transport de masse dans et autour des villes."
Brett Adcock
CEO d'Archer

Archer Aviation, dont le siège est à Palo Alto, a, quant à elle, présenté son futur taxi volant, après avoir obtenu un investissement de 20 millions de dollars de United Airlines Holdings. Il faut dire que l'entreprise a pris un temps d'avance sur ces concurrents. Elle a indiqué, dès février, qu'elle prévoyait de fusionner avec un SPAC, supervisé par le banquier d'affaires Ken Moelis, dans le courant de l'année. Cette entité est actuellement évaluée à pas moins de 3,8 milliards de dollars.

Décarboniser l’industrie

Comment expliquer au juste cet engouement pour les taxis volants? Deux raisons principales semblent émerger : la nécessité de décarboniser l’industrie aérienne et la volonté de décongestionner l’espace urbain. Le secteur aéronautique est, en effet, confronté à une forte pression pour diminuer ses émissions carbones. L’industrie se tourne donc vers ses véhicules à zéro émission, opérés par batteries électriques.

"Nous pouvons émettre des conditions spéciales ou des exigences supplémentaires, en fonction du type de projet."
FAA
Régulateur de l'aviation américain

Des aéronefs capables de décoller et d’atterrir à la verticale, comme un hélicoptère, présenteraient également un avantage pour décongestionner un espace urbain de plus en plus saturé. "Notre objectif réel est de créer une solution de transport de masse dans et autour des villes", déclare ainsi Brett Adcock, le CEO d’Archer, à Reuters lors du dévoilement de "Maker".

Les taxis d'Archer peuvent, en effet, voler à 240 km par heure sur des distances allant jusqu'à 100 km. À New York, par exemple, le trajet de 27 km entre l'aéroport international John F. Kennedy et Manhattan coûterait entre 50 et 70 dollars. Il prendrait environ cinq à sept minutes, contre 60 à 90 minutes en voiture, souligne Reuters.

Commercialisation prévue en 2024

Le plus grand régulateur européen de l’aviation estime que la commercialisation des taxis volants électriques devraient être approuvée dès 2024. Interrogé sur le processus d'approbation, le régulateur de l'aviation américain (FAA) a, pour sa part, indiqué qu’il pouvait certifier de nouvelles technologies telles que les eVTOLs par le biais de ses règlements existants. "Nous pouvons émettre des conditions spéciales ou des exigences supplémentaires, en fonction du type de projet".

Alors que le marché semble de plus en plus disposé à accueillir ces nouveaux engins, la compétition s’intensifie entre différents acteurs qui veulent tous s’assurer une part du gâteau. Archer Aviation est ainsi embarqué dans une jouté légale avec Wisk Aero, soutenue par Boeing, qui l'a accusé de voler des secrets commerciaux et d'enfreindre ses brevets.

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