Les vols de drone commerciaux autorisés via une application unique

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Fini les demandes via formulaires pour les opérateurs de drones. Désormais, dérogations et notification de vol passeront via la plateforme Droneguide, qui vient d’être mise à jour.

Si les drones promettent leur lot d’avantages techniques et commerciaux, ils n’en constituent pas moins un casse-tête logistique et de sécurité du ciel. C’est à cette fin qu’une nouvelle application a été dévoilée ce jeudi par les contrôleurs aériens de skeyes et le SPF Mobilité et Transports. Il s’agit plus précisément d’une nouvelle version de l’application Droneguide qui sera disponible ce vendredi.

C’est plus qu’une simple mise à jour. Droneguide va devenir le point central pour autoriser les vols de drone professionnels en Belgique. Une activité en pleine croissance dans un ciel toujours plus chargé. En un an et demi, quelque 16.000 vols commerciaux, par exemple pour inspecter des bâtiments ou prendre des images aériennes, ont déjà été recensés, soit une moyenne d’un petit millier par mois. "Nous avons dégagé des moyens financiers pour engager. Le SPF et skeyes ont lancé une première version l’année passée, mais une mise à jour était nécessaire pour visualiser les vols en temps réel. Droneguide permet de demander facilement une dérogation pour des vols et tests spécifiques. Cela permet aux autorités de garantir une certaine sécurité", explique François Bellot, le ministre fédéral de la Mobilité.

2.909 drones
Les drones enregistrés sont désormais au nombre de 2.909. 1.722 télépilotes sont détenteurs d’une licence pour des vols de classe 1.

Jusqu’à présent, les utilisateurs professionnels de drones – qui utilisent un appareil de plus de 5 kg ou volant au-delà de 44 mètres de haut (des vols de classe 1) – notifiaient leurs vols via un formulaire en ligne. Les demandes de dérogation, lorsque le drone vole au-dessus de 90 mètres de haut ou dans des zones interdites, comme près d’un aéroport, devaient même être envoyées par e-mail. Dorénavant, les deux actions se dérouleront obligatoirement via la nouvelle plateforme de skeyes et du SPF.

Les opérateurs de vols commerciaux vont pouvoir demander les dérogations en ligne depuis un desktop en signifiant bien pour quelle activité le vol en question est requis. Les pilotes de drone, une fois sur le terrain, vont eux pouvoir notifier le vol via l’application. Les contrôleurs aériens auront donc accès aux vols de drône et à leurs zones en temps réel. "C’est presque une première mondiale, d’avoir une visualisation précise des vols notifiés dans les tours de contrôle", se réjouit-on au SPF Mobilité.

Une période de transition de trois mois est prévue pour aider les opérateurs à utiliser la nouvelle solution. "D’un point de vue technique, nous sommes prêts à digérer une croissance exponentielle des vols de drone", nous assure-t-on au SPF Mobilité. "Les drones se développent à une vitesse atypique pour le monde du contrôle aérien. Le défi était justement d’intégrer à court terme ce nouveau trafic avec le trafic classique", insiste pour sa part Johan Decuyper, le CEO de skeyes.

Un système est d’ailleurs en cours d’élaboration afin de détecter les vols de drone qui n’auraient pas été annoncés. Les opérateurs de classe 2 peuvent, eux aussi, planifier leurs vols via l’outil. Ils ne sont par contre pas obligés de faire une demande de vol ou de notifier leurs vols.

Enfin, rien ne change pour les utilisateurs récréatifs de drone (jusqu’à 10 mètres de haut), qui ne doivent pas signaler les vols. Certaines zones leur sont toutefois toujours interdites, même dans leur propre jardin. Ils pourront le vérifier via l’application.

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