analyse

Liege Airport craint que sa belle dynamique ne soit enrayée

Après 27 ans et de très beaux succès dans le cargo, Luc Partoune prend la porte à l'aéroport de Liège. Tout le monde espère que la belle dynamique pourra continuer sans lui. ©BELGA

Après l'annonce de Fedex et le licenciement de son CEO, protéger le développement de Liege Airport y est dans l'esprit de tous.

Il n’y a pas si longtemps, tout allait bien pour l’aéroport de Liège. Il naviguait au-dessus de la crise sanitaire grâce à une activité cargo qui affichait des records. Mais, en l’espace de quelques semaines, deux grosses ombres sont venues s’ajouter au tableau, coup sur coup.

Il y a d’abord eu la décision de Fedex d’opter pour Paris au détriment de Liège comme hub principal. Une décision qui pourrait coûter jusqu'à 671 emplois à la fin de la procédure Renault et 20% des volumes de fret à l'aéroport. Puis ce mardi, les affaires ont eu raison du CEO, Luc Partoune, licencié pour faute grave. Une décision qui a chamboulé les instances dirigeantes à l’aéroport.

"Nous avons vécu une très difficile soirée. Mais on ne peut transiger avec l'éthique et la bonne gouvernance. Il faut, pour gérer efficacement ce magnifique outil pour l’avenir économique de la région, du professionnalisme de haut niveau et bien entendu être irréprochable. Nous sommes aux côtés du directeur général ad intérim pour le soutenir entièrement dans sa mission", précise un administrateur.

Dans les halls de l’aéroport, la crainte est aussi que l’image de Liege Airport soit écornée. Dès l’annonce du licenciement de Luc Partoune, le Conseil d’administration insistait aussi par communiqué sur le fait que "le plus important est de maintenir la confiance de l'ensemble des collaborateurs et partenaires, qui font l'aéroport d'aujourd'hui et qui croient en l'aéroport de demain."  

Le timing du départ de Luc Partoune intervient à un moment délicat alors que le nouveau plan stratégique entre à peine en phase de décollage.

Côté syndical, on était un peu pris à froid ce mercredi par l'annonce. On ne veut surtout pas entacher davantage le développement d'un gros pourvoyeur d'emplois de la région.

Le timing du départ de Luc Partoune intervient à un moment délicat alors que le nouveau plan stratégique entre à peine en phase de décollage au sein de l'aéroport. Entre 2020 et 2040, 400 à 500 millions d'euros doivent être en effet investis dans le développement de l'aéroport.

Le timing est aussi délicat, car l'aéroport doit parer rapidement au vide que laissera Fedex sur le tarmac, que ce soit dans les bâtiments, terrains ou les places de stationnement. Elio Di Rupo avait d'ailleurs indiqué fin janvier au parlement wallon que le gouvernement régional allait s'assurer que Fedex mette ces espaces à disposition.

Du côté des syndicats, on se souvient aussi de la polémique entre Fedex et Alibaba, quand Luc Partoune avait décidé d'allouer des terrains près des pistes à l'acteur chinois, terrains également convoités par Fedex.

"Mon arrivée ne change en rien les ambitions qui sont les nôtres, au niveau commercial, social ou environnemental."
Frédéric Jacquet
CEO ad interim

Ce sera l'autre défi pour le directeur général adjoint Frédéric Jacquet, ancien chef de cabinet de Jean-Luc Crucke qui prend l'intérim. Il va devoir accompagner le développement d'Alibaba à Liège qui doit créer 300 emplois sur le tarmac liégeois d'ici la fin de l'année.

"Les défis ne manquent pas: Fedex, Cainiao, le permis unique, le transport des vaccins, la satisfaction de nos clients et les enjeux liés à la croissance", a communiqué Frédéric Jacquet mercredi. "Mon arrivée ne change en rien les ambitions qui sont les nôtres, au niveau commercial, social ou environnemental."

Succès de Partoune

Ce n'est qu'un des axes de développement de tout l'écosystème de l'aéroport de Liège mis sur pied par Luc Partoune et ses équipes pendant 27 ans. Le cargo a en effet explosé toutes les prévisions et dépassé le million de tonnes en 2020, mais le succès est loin d'être au rendez-vous pour le terminal passagers de l'aéroport liégeois. Dans son plan 2015, l'aéroport espérait en effet atteindre les 600.000 passagers en 2025. Ils n'étaient que 170.000 en 2019 et l'activité est aujourd'hui à terre avec la pandémie.

"Certains éléments ont été transmis à la justice. D'autres sont encore instruits au sein de la société."
Jean-Luc Crucke
Ministre de tutelle des aéroports

"Il faut reconnaître l'homme de performance, pour l'aéroport, qu'est Luc Partoune, mais les faits ne sont pas légers. On ne badine pas avec les règles de la gouvernance publique", a bien résumé Jean-Luc Crucke devant les parlementaires wallons.

"Certains éléments ont été transmis à la justice. D'autres sont encore instruits au sein de la société. On ne peut plus accepter que des mains soient salies avec de l'argent public", a-t-il ajouté.

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