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Lufthansa envisage de se déclarer insolvable

Lufthansa négocie un plan de soutien à hauteur de 9 milliards d'euros avec le gouvernement allemand. ©via REUTERS

Alors que les discussions de Lufthansa avec le gouvernement allemand pour obtenir une aide d'État sont dans la dernière ligne droite, la maison mère de Brussels Airlines étudie aussi la piste de se déclarer insolvable, a confirmé la société ce mardi.

Lufthansa étudie la possibilité de se déclarer insolvable, alors que les discussions avec l'État allemand entrent dans leur dernière ligne droite. De cette manière, le management de Lufthansa veut se laisser plusieurs possibilités de sortie de crise, a confirmé un porte-parole de l'entreprise.

Le groupe aérien  n'abandonnera en tout cas pas Brussels Airlines. C'est ce qu'écrit Carsten Spohr, patron du groupe, dans une lettre adressée à la Première ministre Sophie Wilmès et dont la VRT a pu prendre connaissance, ce mardi.

290 millions
d'euros
Brussels Airlines a demandé le soutien du gouvernement belge. On parlerait d'une aide de 290 millions d'euros.

Brussels Airlines a besoin d'urgence d'une aide de l'État. Lufthansa a indiqué qu'elle allait être à court de liquidité d'ici la fin du mois de mai. Pour Brussels Airlines, cela pourrait même arriver plus tôt. 

Pas encore d'accord en Belgique

La compagnie belge est déjà allée frapper à la porte du gouvernement. Mais, la semaine dernière, le vice-Premier ministre Alexander De Croo affirmait qu'aucun accord n'était conclu. Le chiffre de 290 millions d'aides circule. Dans celui-ci une enveloppe de 200 millions d'euros en crédit-pont pour passer la crise était prévue et Lufthansa espérait aussi une aide directe en "dons" de 90 millions d'euros.  

Une demande qui faisait grincer des dents en Belgique, nous revient-il. Où on estime qu'une injection directe dans la compagnie doit venir de la maison-mère.

En attendant, les discussions entre la Belgique et Lufthansa sont en pause. 

Pas question de se défaire de Brussels Airlines

Dans sa missive, le CEO du groupe (également en possession de la compagnie suisse Swiss, de l'autrichienne Austrian et de la low cost Eurowings) espère certains éclaircissements. "Le plus important est que nous restions bénéficiaires et que notre position concurrentielle soit préservée en tant que groupe."

Cartsen Spohr, le CEO de Lufthansa s'est engagé à ne pas laisser tomber Brussels Airlines. ©REUTERS

La position de Spohr est claire: le groupe doit rester un groupe. Pas question de se défaire de Brussels Airlines. Le CEO précise encore dans sa lettre que l'éventuelle aide de l'État belge ne sera attribuée qu'au seul redressement de Brussels Airlines.

Une des craintes côté belge est de voir l'aide belge être siphonnée par le groupe. 

Surtout que les intentions allemandes envers la compagnie belge n'ont pas toujours été évidentes ces dernières années, avec Brussels Airlines un temps adossé à Eurowings avant de recevoir une certaine dose d'indépendance. Brussels Airlines peine à être rentable, particulièrement sur les lignes européennes. 

Discussions avec le gouvernement allemand 

Lufthansa pourrait bénéficier d'un plan de soutien à hauteur de 9 milliards d'euros. Un accord aurait été conclu avec le gouvernement allemand, rapporte "Business Insider" qui cite des sources au sein de la compagnie. Rien ne semble pour autant acquis. Selon "Business Insider", en échange de cette aide, l'accord octroierait aux pouvoirs publics une minorité de blocage et deux sièges au conseil de surveillance de la compagnie. Il semble que l'entrée de l'État au conseil de Lufthansa, avec une minorité de blocage, soit un des scénarios sur la table.

Si Berlin devait exercer trop d'influence sur les opérations, puis les gouvernements d'Autriche, de Suisse, de Belgique puis les États fédéraux allemands de Bavière ou de Hesse. Vous pouvez difficilement diriger un groupe de cette façon.
Carsten Spohr
CEO de Lufthansa

Selon le média, l'accord devrait être signé dans la journée par la chancelière Angela Merkel, son ministre des Finances Olaf Scholz et le président du directoire de la compagnie aérienne Carsten Spohr.

Mais des sources de Reuters, tant au niveau du gouvernement allemand que de la compagnie Lufthansa indiquent qu'aucun accord n'est finalisé. Carsten Spohr a indiqué ce mardi à Die Zeit qu'il estimait notamment que sa compagnie serait difficile à gérer si Berlin devait exercer trop d'influence sur les opérations, puis les gouvernements d'Autriche, de Suisse, de Belgique, sans compter les États fédéraux allemands de Bavière ou de Hesse. "Vous pouvez difficilement diriger un groupe de cette façon", a indiqué le CEO. 

Un accord signé ne pourrait donc arriver que dans quelques jours.

Il nous revient que la Belgique aimerait aussi savoir quel serait le plan allemand pour Lufthansa avant de s'engager à son tour dans une aide...

"L'arrêt des activités en raison de l'épidémie de coronavirus fait perdre un million d'euros "par heure" au groupe."
Carsten Spohr
CEO Lufthansa

L'aérien souffre

À l'image d'autres compagnies aériennes, Lufthansa – premier groupe européen de transport aérien – est quasiment à l'arrêt en raison de l'épidémie de coronavirus. Pour Carsten Spohr, cette situation se traduit par la perte d'un million d'euros "par heure" pour le groupe.

La compagnie aérienne charter allemande Condor, filiale du voyagiste en faillite Thomas Cook, va recevoir 550 millions d'euros de prêts garantis par les pouvoirs publics allemands.

La France et les Pays-Bas ont également dû voler au secours d'Air France-KLM qui se voit octroyer une enveloppe de 10 milliards d'euros en crédits garantis (les 3 milliards néerlandais doivent encore être finalisés). Ici l'influence gouvernementale fait moins débat dans la mesure où la France siège déjà au CA du groupe. 

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