Lufthansa est visiblement agacée par Brussels Airlines

Carsten Spohr, le CEO du groupe Lufthansa, serait agacé par les retards pris par Brussels Airlines pour conclure des accords avec les syndicats sur la réduction du personnel et des salaires. ©REUTERS

Si aucun accord n’est trouvé entre la Lufthansa et le gouvernement belge, Brussels Airlines risque de se trouver à court de liquidités à la fin du mois. Or, il se dit que Carsten Spohr, le CEO du groupe allemand, serait en train de perdre patience.

Les négociations entre Brussels Airlines (SN), sa maison mère Lufthansa et le gouvernement belge semblent piétiner. En cause, essentiellement, des garanties pour un prêt public de quelque 300 millions d’euros qui devrait contribuer uniquement à préserver l’emploi en Belgique et ne pas aller dans le pot commun du groupe Lufthansa. Ces garanties devraient être assorties de sanctions en cas de non-respect des accords et là aussi, ça coince.

Ce vendredi, notre confrère La Libre indiquait que Lufthansa menaçait carrément de "laisser tomber" SN si les négociations n’aboutissaient pas. La vendre? Pas sûr. La laisser tomber en faillite en tout cas, rapportent nos confrères.

Les sautes d’humeur de Carsten Spohr, le CEO du groupe Lufthansa, pourraient s’avérer létales.

Tactique de négociation ou agacement?

Bien entendu, à Francfort, on parle de pure spéculation. Dans les couloirs de Brussels, on évoque "une tactique de négociation". Mais il faut faire attention car les sautes d’humeur de Carsten Spohr, le CEO du groupe Lufthansa, pourraient s’avérer létales. Il nous revient qu’il est en fait assez agacé par les retards pris par la compagnie belge pour conclure des accords avec les syndicats sur la réduction du personnel et des salaires.

On sait que les pilotes ne veulent pas des formules actuellement sur la table et qu’ils avaient même proposé des réductions importantes de salaires si on maintenait le personnel volant. Mais ils ont obtenu une fin de non-recevoir. On en est là. Nulle part, donc.

Dire qu’on peut remplacer SN en Afrique d’un claquement de doigts est irréaliste.

Position stratégique

Cela dit, la menace allemande de laisser la situation péricliter présente de sérieux risques pour le groupe. D’abord, le hub de Bruxelles est une épine dans le pied de l’axe Paris-Amsterdam incarné par le concurrent Air France-KLM, mais aussi du groupe IAG (British Airways & Co) pas beaucoup plus loin.

Mais surtout, au sein du groupe, Brussels Airlines a été désignée comme la spécialiste de l’Afrique. Essentiellement pour son expérience sur le continent, une qualité qui lui est tout autant reconnue au sein de Star Alliance, ce qui n’est pas rien. Dire qu’on peut remplacer SN en Afrique d’un claquement de doigts est irréaliste.

©Aude Vanlathem

Outre la compétence des Belges, il y a aussi les droits de trafic qui, rappelons-le, appartiennent aux États et non aux compagnies. Certes, la nature a horreur du vide, mais si une compagnie de l’Union européenne (une low cost, par exemple) peut aisément en remplacer une autre pour des vols au sein de cette même Union, ce n’est pas le cas à l’extérieur des frontières. Et ça, Carsten Spohr le sait pertinemment bien.

Veut-il faire peur pour que le gouvernement belge lâche un peu de lest? Ce n’est pas impossible. Mais il sait aussi que le prêt de 300 millions risque fort d’oblitérer la rentabilité de SN pendant quelques années. Cela risque bien d’être le lot de nombreux transporteurs à travers le monde...

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