Lufthansa obtient gain de cause à la Commission

Lufthansa devra lâcher 12 allers-retours à parts égales par jour à de nouveaux concurrents sur Munich et Francfort. ©REUTERS

Après quelques légères concessions, Lufthansa a obtenu l'accord de la Commission européenne sur l'aide allemande de 9 milliards d'euros. Le deal a éta approuvé lundi par le conseil de surveillance de Lufthansa, il lui reste à passer le cap de l'AG extraordinaire.

La voie est dégagée pour l’aide allemande à Lufthansa. Après d’intenses discussions entre Lufthansa, l’Allemagne et la Commission européenne, un accord a été trouvé dans la nuit de vendredi à samedi.

La Commission avait demandé que Lufthansa cède jusqu'à 20 avions et d'autant plus de slots. Un accord est finalement intervenu sur 8 avions stationnés représentant 24 créneaux (12 allers-retours) sur Munich et Berlin.

"Lufthansa obtient un énorme avantage financier, mais ils devront se restructurer après avoir pris tout cet argent. L'Allemagne apportera donc des opportunités."
Jozsef Varadi
CEO de Wizz

Le gouvernement allemand a soutenu Lufthansa de tout son poids pendant les discussions. Les nouveaux slots rendus accessibles à Munich et Francfort le seront, dans un premier temps, pour des nouveaux concurrents sur ces aéroports. L'appel d'offres sera ensuite étendu aux concurrents existants si de nouveaux opérateurs ne se manifestent pas. 

"Les slots ne devront être repris que par un concurrent européen qui n'a pas reçu lui-même d'aides publiques en raison de la pandémie de coronavirus", a ajouté le groupe allemand dans un communiqué.

Des opportunités pour les low cost

Même si Lufthansa a obtenu pas mal de concessions de l’Europe, les compagnies low cost sont en embuscade pour reprendre certains pans de son business sur un marché allemand lucratif. "Lufthansa obtient un énorme avantage financier, mais ils devront se restructurer après avoir pris tout cet argent. L'Allemagne apportera donc des opportunités", a ainsi expliqué le CEO de Wizz Air, Jozsef Varadi dans une interview. Les 12 slots aller-retours quotidiens qui doivent être rendus accessibles à la concurrence, à parts égales sur Francfort et Munich, ont de quoi susciter l’intérêt des compagnies comme Ryanair ou Wizz, en effet.

8
avions
L'accord avec la Commission européenne prévoit l'ouverture de 12 slots allers-retours à la concurrence, soit environ 8 avions.

Si cela se concrétise, cela pourrait mettre la pression à la baisse sur les prix de ces lignes. Reste à voir quelle ampleur cela pourrait prendre, car de nombreux passagers volent sur ces importants hubs allemands pour y prendre des long-courriers Lufthansa. Les low cost sont, eux, davantage spécialisés sur le point à point. Ils pourraient y voir une opportunité, car l’Allemagne est une destination d’affaires importante.

Le grand retour de l'État allemand dans Lufthansa

Le sauvetage prévoit aussi que l'État allemand prenne 20% du groupe pour 300 millions d'euros, en plus d'injecter 5,7 milliards d'euros de fonds sans droit de vote, dont un milliard peut être converti en actions. Ce serait la première fois que l'État allemand reviendrait au capital de la compagnie depuis sa privatisation complète en 1997.

Berlin se réserve le droit d'augmenter sa participation à 25% et une action, soit la minorité de blocage, mais uniquement "en cas d'offre publique d'achat par un tiers" ou de non-paiement des intérêts.

L'Allemagne garantit également un prêt de 3 milliards d'euros et obtient deux sièges au conseil de surveillance de Lufthansa, qui a l'interdiction de verser des dividendes et de payer des bonus à ses dirigeants.

Le dossier de l'aide allemande est donc quasi bouclé. Il a été approuvé lundi par le conseil de surveillance de Lufthansa. Il ne lui reste plus qu'à passer le cap de l'assemblée générale. Au vu de la situation de liquidité dramatique de Lufthansa, cela pourrait s'avérer n'être qu'une formalité. 

Conseil d'entreprise chez Brussels Airlines 

Ryanair a annoncé vouloir contester le plan devant la justice européenne, le qualifiant "d'aide d'État illégale qui va énormément fausser la concurrence".

Le dossier de l'aide allemande intéresse également l'État belge et les travailleurs de Brussels Airlines, mais pour une autre raison. Eux espèrent pouvoir avancer ainsi avec l'aide belge. Cela pourrait également impacter la restructuration souhaitée par la direction. Le prochain conseil d'entreprise est pour ce mardi. 

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