analyse

Lufthansa prévoit de nouvelles économies pour Eurowings

©Dieter Telemans

Lufthansa revoit à la baisse ses prévisions de bénéfice opérationnel. Peut-on craindre des répercussions chez Brussels Airlines? A priori, non. Le problème se situe plutôt en Allemagne et en Autriche.

Lufthansa a publié dimanche soir un avertissement sur résultats qui a immédiatement eu pour effet une baisse du titre à la Bourse de Francfort. Il n’y a pas pour autant péril en la demeure: la marge Ebit de l’année fiscale devrait tourner entre 5,5% et 6,5% (au lieu de 6,5% à 8% lors de la dernière estimation), le bénéfice opérationnel étant revu à la baisse entre 2 et 2,4 milliards d’euros – contre 2,4 à 3 milliards. En cause, en particulier, une hausse du prix du fuel de 550 millions d’euros sur les premiers mois de l’année.

Mais ce qui inquiète surtout le groupe allemand, ce sont les performances de sa filiale low cost Eurowings, à laquelle est désormais intégrée la Belge Brussels Airlines (SN).

En Belgique, l’expectative

Lufthansa annonce noir sur blanc que "la réduction des coûts chez Eurowings ne fonctionne pas aussi rapidement que prévu", en particulier en ce qui concerne "la productivité des avions et du personnel". De quoi s’inquiéter chez nous? Pas sûr: au sein de la compagnie belge, tout comme dans les rangs syndicaux, on est plutôt dans l’expectative.

"Des mesures plus précises sont attendues chez Eurowings, mais nous n’avons pas de précisions."
Wencke Lemmes porte-parole de Brussels Airlines

"Des mesures plus précises sont attendues chez Eurowings dans les jours qui viennent, mais nous n’avons pas de précisions", nous a affirmé Wencke Lemmes, porte-parole de Brussels Airlines.

Une autre source nous confie qu’il y a peu de risques que Brussels Airlines soit affectée, dans la mesure où "Lufthansa, elle-même, reconnaît que les marchés où Eurowings souffre le plus de la concurrence sont l’Allemagne et l’Autriche".

En subissent d’ailleurs les effets, tout autant Eurowings que la Lufthansa. D’où les prévisions de marges Ebit revues à la baisse vers les -4% à -6%. En cause? La concurrence des autres low cost, bien entendu, dont Lufthansa estime qu’elles sont prêtes à travailler à perte pour pouvoir acquérir des parts de marché. On admettra que ce phénomène n’est pas nouveau.

Et au final, les low cost bien établies en souffrent à leur tour. Le mois dernier, Ryanair avait déclaré que son bénéfice annuel était le plus faible de ces quatre dernières années et qu’il pourrait encore baisser en raison d’une guerre des tarifs "usante".

Sauvée par le long-haul

Il est notoire depuis longtemps que le transport court-courrier est moins rentable au passager-kilomètre transporté que le long-courrier. Mais le "long-haul" a besoin du "short-haul" pour l’alimenter. Ne faire que l’un ou l’autre ne conduit qu’à l’échec, lorsqu’on est une compagnie de réseau.

Ce qui inquiète surtout Lufthansa, ce sont les performances de sa filiale low cost Eurowings. ©Kristof Vadino

À cet égard, Lufthansa est sauvée par son réseau long-courrier. Ce qui nous étonnera toujours, tant la concurrence est vive, c’est qu’elle est particulièrement rentable sur l’Atlantique Nord, mais aussi sur l’Asie.

Toutefois, la compagnie allemande met en garde: pour l’exercice 2019/2020, "l’expansion sera marginale". Et même, au cours du second semestre 2019, il y a des "ajustements" qui sont envisagés, entendez des suppressions d’escales ou des réductions de fréquences. Rien de significatif, mais quand même un indice de réduction de la voilure.

Sur le marché africain, Brussels Airlines a prouvé son expertise. Et il faut rappeler qu’Eurowings lui a confié les clés de ce marché. C’est du reste du personnel SN qui forme le personnel de cabine avec des avions SN. Et il n’est pas encore (du tout) décidé si les avions long-courriers de Brussels Airlines voleront aux couleurs Eurowings. À dire vrai, ce sont les Africains qui n’en veulent pas.

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