Lufthansa veut supprimer davantage d'emplois face à la trop lente reprise

Lufthansa, qui perd actuellement 500 millions d'euros par mois, va se séparer d'ici 2025 de 150 avions (sur une flotte totale de 763) contre 100 prévus initialement. ©AFP

Lufthansa a annoncé des milliers de suppressions d'emplois supplémentaires, face à une reprise "nettement plus lente qu'attendue". Sa filiale, Brussels Airlines assure qu'aucun licenciement supplémentaire n'est prévu chez elle.

Après l'arrêt quasi-total des vols en raison du coronavirus, Lufthansa, qui perd actuellement 500 millions d'euros par mois, va se séparer d'ici 2025 de 150 avions (sur une flotte totale de 763), contre 100 prévus initialement. Cette nouvelle entraîne "une augmentation" du nombre de "postes excédentaires" par rapport aux 22.000 (équivalents temps plein) déjà annoncés.

Il y a deux semaines, nous évoquions avec le patron de Brussels Airlines, Dieter Vranckx, la possibilité de licenciements supplémentaires dans la maison mère Lufthansa. Il nous assurait alors que cela n'était "pas prévu pour le moment chez Brussels Airlines."

"Il n'y pas pour de nouvelle vague de licenciements dans le plan qu'on a sur la table et on ne s'attend pas à ce que ce soit nécessaire"
Maaike Andries
Porte parole de Brussels Airlines

Maaike Andries, porte-parole de Brussels Airlines, nous assure qu'il n'y a "pas de nouvelle vague de licenciement sur la table pour le moment" et que la société "ne s’attend à ce que ce soit nécessaire".

"Nous avions déjà commencé la restructuration avant la crise. Nous l'avons accélérée. Ce qui veut dire que nous en sommes plus loin que Lufthansa dans les réductions de coûts", ajoute la porte-parole.

Le nombre exact de suppressions de postes visés chez Lufthansa n'a toutefois pas été communiqué et Lufthansa assure vouloir trouver des accords pour "limiter le nombre de licenciements secs", notamment à travers plus de temps partiel et donc des coupes de salaire. Ces négociations n'avancent que lentement. D'ici le premier trimestre 2021, l'entreprise veut avoir supprimé 20% des emplois cadres.

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AIRBUS
L'ensemble des 14 Airbus A380 de la compagnie resteront cloués au sol sur le long terme.

L'ensemble de ses 14 Airbus A380 resteront cloués au sol sur le long terme: ils sont "retirés du planning" et ne pourront être réactivés qu'en cas d'une reprise "surprenante", a précisé dans un communiqué le groupe. La compagnie, qui avait déjà définitivement sorti de sa flotte six A380, suit la tendance du secteur, qui se sépare de ses plus gros avions, déjà plus difficiles à exploiter de manière rentable avant la pandémie.

La demande, plombée par les quarantaines

Les retraits d'avions vont peser sur le bilan au troisième trimestre à hauteur de 1,1 milliard d'euros. Lufthansa avait déjà subi une perte nette de 3,6 milliards d'euros pour les six premiers mois, dont 1,5 milliard au deuxième trimestre, quand le pic de la pandémie avait entraîné l'arrêt quasi total de l'aviation mondiale.

"Les chiffres des réservations et de passagers baissent à nouveau avec la fin de la période de voyages cet été."
Lufthansa

Mais après une reprise estivale, la demande reste plombée sous l'effet d'obligations de quarantaine et d'avertissements de voyage du gouvernement allemand. "Les chiffres des réservations et de passagers baissent à nouveau avec la fin de la période de voyages" cet été, note le groupe. Au quatrième trimestre, Lufthansa ne s'attend désormais plus qu'à une offre représentant 20% à 30% du niveau de l'année dernière, alors que le groupe comptait précédemment atteindre 50%.

Lufthansa veut limiter l'hémorragie de cash à 400 millions d'euros par mois cet hiver et vise une rentrée d'argent "courant 2021". Le transporteur, qui perdait -7,95% à 7,92 euros vers 14H00 GMT (16H00 à Bruxelles) à la Bourse de Francfort, a bénéficié au printemps d'un plan de sauvetage de 9 milliards d'euros d'argent public, qui a fait du gouvernement allemand son premier actionnaire.

Chez Brussels Airlines, la filiale de Lufthansa le focus actuel est de "voler constamment cash positive" sur chaque vol opéré par la compagnie, détaille Maaike Andries.

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