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analyse

Malgré le ralentissement de 2019, le transport aérien se porte bien

©REUTERS

La prévision de bénéfice net estimée de cette année a été ramenée de 28 milliards d’USD à 25,9 milliards. Mais 2020 devrait le ramener au-delà des 29 milliards d’USD. Le recul des pronostics par rapport à juin dernier s’explique par plusieurs raisons. L’industrie entend se défendre pour contrer les accusations de pollution qui pourraient entraîner un fléchissement de la croissance.

À trois semaines de la fin de l’année, l’Association du transport aérien international (Iata – 290 compagnies représentant 82% du trafic mondial) a publié ses prévisions affinées par rapport à celles publiées en juin dernier. Selon elle, l’industrie dans sa totalité devrait atteindre cette année un chiffre d’affaires de 838 milliards d’USD (+3,2%). Les dépenses atteindraient 796 milliards, dont 188 milliards (23,7%) pour le fuel (sur base d’un baril à 65 USD). 4,5 milliards de passagers auront été transportés avec un taux moyen d’occupation de 82,4%.

C’est ce qui ressort des chiffres présentés mercredi matin par l’Iata à son siège de Genève, par la voix de son directeur général, Alexandre de Juniac, et de Brian Pierce, économiste en chef. Le résultat opérationnel devrait atteindre 42,5 milliards et le bénéfice net 25,9 milliards, soit une marge de 3,1% et un bénéfice par passager de 5,70 USD. Les prévisions en juin faisaient état d’un profit net évalué à 28 milliards et Brian Pierce a justifié ce recul des estimations par un ralentissement de la croissance mondiale (+0,9% au lieu de +2,5% il y a six mois) qu’explique en particulier la guerre commerciale que mènent les États-Unis contre la Chine et l’Europe.

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De Juniac a cité également les tensions géopolitiques (Hong Kong, embargo du Qatar…), les incertitudes persistantes sur le Brexit ou les agitations sociales qui pénalisent le transport aérien: "Toutefois, nous avons connu une décennie de profits continus, grâce à des restructurations sévères et nous avons le sentiment que 2019 sera le creux du cycle, avec un horizon 2020 plus lumineux. Il sera intéressant de voir les augmentations de capacité, avec le retour des livraisons des Boeing 737 Max."

Prévisions pour 2020

Pour 2020, précisément, Brian Pierce estime que les élections américaines devraient avoir un effet de réduction des tensions commerciales, de telle sorte que la croissance mondiale pourrait de nouveau atteindre +3,3%. Et, dans le même temps, le prix du fuel va baisser encore (à 63 USD en moyenne sur l’année), alors qu’il était à 71,60 USD en 2018. Le chiffre d’affaires global devrait atteindre les 872 milliards d’USD, le profit opérationnel à 48,2 milliards et le bénéfice net à 29,3 milliards (marge de 3,4%) ou 6,20 USD par passager.

La demande en passagers-kilomètres devrait augmenter de 4,1% en 2020 (ils seront 4,72 milliards). Quant au cargo qui a été en recul cette année (61,2 millions de tonnes, -3,3%), il devrait croître de 2%, sans rattraper pour autant les chiffres de 2018.

Et le "flygskam" ? La "honte de voler" a, semble-t-il, fait chuter le trafic aérien en Suède, mais au vu des chiffres précités, le phénomène devrait être isolé. Il n’empêche, mercredi, Alexandre de Juniac a rappelé que le transport aérien a entamé ses premières campagnes de réduction d’émissions dès 2008, mais il a consenti que l’aérien a pêché par manque de communication. Ce sera du reste le thème de la session de l’Iata de ce matin à Genève. En attendant, de Juniac a conclu par un "Le carbone est l’ennemi, pas voler." Un slogan qui va se répandre ?

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