"Ne pas poursuivre les réformes reviendrait à hypothéquer l'avenir de skeyes" (Johan Decuyper, CEO)

Le CEO de Skeyes, Johan Decuyper, présente le rapport annuel 2018. ©BELGA

Lors de la présentation du rapport annuel 2018, le CEO de la société en charge du contrôle du trafic aérien belge skeyes, annonce sa candidature à sa propre succession, chiffres à l'appui.

"Un passage nécessaire pour être compétitif au niveau européen." C'est de cette façon que l'administrateur délégué de skeyes, Johan Decuyper, qualifie le début d'année turbulent sur le plan social de la société alors qu'il présente, ce mercredi, d'excellents résultats pour l'année 2018. Il écarte également d'un revers de main les menaces d'astreintes du gouvernement wallon, tout en rassurant sur l'état de ses relations avec les aéroports du sud du pays.

6,6
secondes
Les vols supervisés par skeyes n'enregistrent en moyenne que 6,6 secondes de retard.

Il est vrai qu'en termes de sécurité et de ponctualité, l'entreprise publique autonome rassure et impressionne, réussissant même à se classer parmi les meilleurs contrôleurs aériens du continent. À titre d'exemple, notons que les vols guidés par les aiguilleurs de skeyes n'enregistrent en moyenne que 6,6 secondes de retard. De plus, seuls 4 incidents impliquant la sécurité sont à déplorer pour l'année dernière malgré une hausse de près de 3% du trafic aérien supervisé par le contrôleur du ciel belge. Quant aux finances, skeyes affiche un résultat opérationnel de 240,2 millions d'euros et des bénéfices en légère baisse à 16,7 millions contre 22,5 en 2017. Il justifie ce recul par la politique d'investissement constante menée par l'entreprise. 

Une image forte ternie par les actions syndicales

Skeyes impressionne aussi par le soin apporté à son image. Depuis le changement de nom en novembre dernier, l'ex-Belgocontrol s'appuie sur la parité hommes-femmes, y compris au niveau décisionnel, son dévouement à l'innovation et la culture du résultat pour véhiculer une identité réputée "flamande", à la fois moderne, efficace et rassurante. 

Malheureusement pour Johan Decuyper et son actionnariat, l'image fraîchement créée de skeyes est et restera inévitablement associée au conflit social qui déchire l'entreprise depuis près de 5 mois. Pas sûr que ces bons résultats suffiront à effacer les quelque 400 retards, annulations et autres perturbations enregistrés dans les divers aéroports du pays depuis le 22 février et le dépôt d'une liste de revendications par les représentants syndicaux chrétiens du personnel. Ici, il est judicieux de rappeler que pour définitivement mesurer les répercussions de ces événements sur les résultats de l'entreprise, il faudra attendre le prochain rapport annuel. 

À ce propos, Johan Decuyper reconnaît les dommages irréversibles subits pour l'entreprise mais il compte sur la qualité du travail fourni par ses contrôleurs du ciel et sur la détermination de l'entreprise à se hisser au sommet du secteur à l'échelle européenne pour regagner la confiance des aéroports, des gouvernements et des voyageurs. Il se porte d'ailleurs volontaire au pilotage de la poursuite des réformes engagées depuis des années par l'entreprise et confirme sa volonté de prolonger son mandat d'administrateur arrivant à terme en octobre prochain.  

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