Faute d'accord, Brussels Airlines pourrait encore vivre des jours de grève

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La réunion de négociation entre direction et syndicats de Brussels Airlines s'est terminée sans accord dans la nuit de mercredi à jeudi. Les représentants des pilotes n'ont en effet pas accepté la dernière proposition formulée par le management de la compagnie aérienne. Après les grèves de lundi et de ce mercredi, deux nouveaux arrêts de travail auront lieu en juin à moins qu'un accord entre les interlocuteurs soit conclu d'ici là.

Après plus de 15 heures de discussion, la réunion de négociation entre direction et syndicats de Brussels Airlines s'est terminée sans accord dans la nuit de mercredi à jeudi, après deux journées de grève cette semaine. Les représentants des pilotes n'ont en effet pas accepté les propositions formulées par la direction de la compagnie aérienne. Deux nouveaux arrêts de travail auront lieu en juin si aucun accord n'est conclu d'ici-là.

Les négociations ont démarré vers 9h. La direction espérait que des propositions substantielles qu’elle a mises sur la table arriveraient à convaincre le personnel navigant. Elle proposait en effet une augmentation du salaire brut de 2,5% et un intéressement aux résultats. Les pilotes estimeraient que l’intéressement aux résultats risque de les desservir, car le cargo qui contribue positivement au bilan de la compagnie sera repris dès septembre prochain par Lufthansa.

Le bénéfice de Brussels Airlines s’en trouvera donc amputé. Il serait aussi question d’un plan cafétéria. Il permettrait aux pilotes d’obtenir une contribution de l’entreprise pour différents avantages (voiture de société, achat de smartphones, de tablettes, etc.), mais le hic, c’est qu’ils déduisent déjà des frais réels dans le cadre de leur déclaration d’impôts.

"La direction de Brussels Airlines travaille avec un budget fermé, qui dépend de Lufthansa et qu'il faut agrandir. Sinon, on n'arrivera à rien!"
Didier Lebbe
secrétaire permanent CNE

Pour Anita Van Hoof du Setca, la dernière proposition du management de Brussels Airlines "était d'ailleurs encore pire que celle qui avait mené les pilotes à arrêter le travail cette semaine". "Il était impossible de soumettre cela à nouveau aux pilotes", affirme-t-elle.

Selon Didier Lebbe, secrétaire permanent CNE, "la direction de Brussels Airlines travaille avec un budget fermé, qui dépend de Lufthansa (la maison-mère de la compagnie, NDLR) et qu'il faut agrandir. Sinon, on n'arrivera à rien! Avec l'enveloppe financière sur la table, ce n'est pas possible".

"Des progrès ont été enregistrés et la volonté existe des deux côtés d'aboutir à un accord", analyse Etienne Davignon, le président du CA de la compagnie. "Les parties ne se sont pas suffisamment rapprochées, mais le dialogue n'est pas rompu."

"Cabin crew" en piste

Les pilotes disent avoir déjà fait des efforts notamment sur le plan salarial par le passé dans le cadre du plan Beyond d’il y a 5 ans. Les propositions ne compenseraient en rien ces efforts. Selon des sources proches du dossier, la direction actuelle de Brussels Airlines a les mains liées par les contraintes imposées par Lufthansa, la maison mère qui n’entend pas trop délier les cordons de la bourse.

"On soupçonne Lufthansa de faire de Brussels Airlines un laboratoire de solutions qu’elle imposera après à son personnel ou encore aux équipes de Swiss et d’Austrian", analyse un observateur averti du secteur. Après une pause à midi, le conciliateur, qui était attendu à 17h, a rejoint les parties vers 14h.

Après les pilotes, Brussels Airlines va être confrontée aux demandes du personnel de cabine qui demande aussi une adaptation du temps de service et une meilleure considération.

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