interview

Niky Terzakis, CEO d'Air Belgium: "Sur les Antilles, Air Belgium va combler un vide"

Niky Terzakis, CEO d’Air Belgium. ©Photo News

"Huit jours après l’ouverture des réservations sur les Antilles, 20% des vols étaient déjà remplis", avance Niky Terzakis, le CEO d'Air Belgium, qui est certain que sa compagnie vient combler un vide. Entretien.

Il faut admettre que le management d’Air Belgium est plutôt adepte de la discrétion en matière de communication externe. Ça a l’inconvénient évident de laisser les rumeurs circuler. Suite à la publication des (mauvais) résultats de 2018 déposés à la Banque nationale, son CEO, Niky Terzakis a sans doute estimé qu’il était temps de sortir du bois pour remettre les choses au point.

"Avec le coup qui nous a été asséné, d’autres se seraient plantés, mais on est toujours là."

Alors oui, 2018 a été une mauvaise année (une perte de 18 millions d’euros) suite à l’annulation, en cours de saison, des vols sur Hong Kong. En cause, la défection du tour-opérateur (T-O) UTour qui avait déjà joué le coup de la poudre d’escampette à l’aéroport de Liège. "C’est vrai que nous avons subi un solide revers, consent Niky Terzakis, mais aucun passager ne peut prétendre qu’il a été lésé. Tous ont été remboursés ou reroutés. C’est ce qui explique la confiance qu’on nous renouvelle aujourd’hui." Et d’ajouter: "Avec le coup qui nous a été asséné, d’autres se seraient plantés, mais on est toujours là et je dois avouer ma fierté pour les équipes qui m’entourent. Elles font un travail remarquable."

Le retour en Chine est-il possible? C’est plus que probable. N’oublions pas qu’en octobre dernier, un accord a été signé – en présence de Charles Michel, alors Premier minsitre – entre Air Belgium et HNCA, l’office de développement de l’aviation de la province du Henan, dont la principale ville, Zhengzhou fait 9,4 millions d’habitants. Ah oui, quand même…

"Lors de l’annulation des vols sur la Chine, aucun passager ne peut dire qu’il a été lésé."

Mais cette fois, Air Belgium va prendre ses précautions. "Nous n’allons pas nous précipiter et nous ferons appel à un groupe de T-O, plutôt qu’à un seul. Le problème est qu’avec le précédent, il occupait 70% de la capacité des avions avec sa clientèle chinoise. Il était donc difficilement remplaçable. Ici, nous allons morceler."

Les vols "ACMI"

"En fin d’année, nos quatre avions auront été utilisés en location à 75%."

Mais en attendant ce retour? Comme on le sait, Air Belgium s’est lancé dans les vols ACMI (Aircraft, Crew, Maintenance, Insurance), soit la location des appareils tous frais compris, sauf la commercialisation des sièges. L’entreprise a travaillé pour beaucoup de compagnies et pas des moindres: British Airways (Etats-Unis, Toronto, Le Caire, Dubaï…), Air France et Lot (Pologne). Ou même pour le croisiériste Ponant à destination du Groenland. "Ce ne sont pas de petites compagnies, insiste Niky Terzakis. Et comme nous jouons sur les contrats à long terme ce qui nous a amenés à devoir renoncer à certaines propositions on ne peut pas dire qu’on joue les bouche-trous."

De janvier à juin, 177.000 passagers ont été transportés avec une ponctualité et une fiabilité remarquées et, cet été, les avions sont utilisés quasi à 100%. "Selon nos prévisions, sur l’ensemble de l’année, leur utilisation atteindra les 75%. On peut dire que le break-even a été atteint en avril et maintenant, nous gagnons de l’argent", insiste Niky Terzakis.

Nécessaires, les Antilles?

Dans ces conditions, pourquoi vouloir commercialiser de nouvelles lignes, plutôt que de faire de la location? "Parce que c’est notre vocation. Mais notre souplesse permettra de faire les deux. Ou les trois, car nous envisageons aussi les voyages charters de luxe ponctuels. Nous ne voulons pas concurrencer les transporteurs sur de grandes lignes, mais trouver les belles opportunités et les Antilles en sont une. La preuve est que huit jours après l’ouverture des réservations, 20% de la capacité de nos avions étaient déjà atteints. On voit bien qu’on vient combler un vide."

"Huit jours après l’ouverture des réservations sur les Antilles, 20% des vols étaient déjà remplis."

De fait, dans un rayon de 200 kilomètres autour de Charleroi (dont Lille et le nord de la France), se rendre en Guadeloupe ou en Martinique via Orly relève un peu du parcours du combattant. Philippe Wilmart, le nouveau directeur commercial est enthousiaste. "Très vite, Rainbow ou le Club Med nous ont fait confiance pour des vols de décembre à fin avril et nous avons même reçu des réservations du Portugal ou de Pologne. Quant à ceux qui viennent à Charleroi en voiture, je suppose qu’ils préfèrent les trajets moins longs, les attentes réduites et un parking à 39 euros la semaine, plutôt qu’à 139 euros comme à Orly!"

Et avec un emport de bagages à 30 kilos en soute, il est sûr que la clientèle ethnique sera attirée, y compris par le confort et les tarifs (345 euros aller/retour en Economy, 739 euros en Premium et 1.739 euros en Business). Mais ces A340, ne sont-ils pas trop gourmands? "Pour être précis, ils consomment 10% de plus que les A330, accepte Niky Terzakis. Mais ils sont plus confortables car plus stables (quatre moteurs, NDLR). Ils sont particulièrement fiables, mais ce n’est pas pour ça que nous n’envisagerons pas d’autres appareils pour faire face à notre croissance." Mais encore? Le temps venu…

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