"On saura d'ici l'été si l'aide à Brussels Airlines est suffisante"

Christina Foerster, la présidente de Brussels Airlines est actuellement aussi CEO ad interim en attendant l'arrivée de Peter Gerber. ©Jonas Lampens

Le patron de la Société fédérale de participations et d'investissement (SFPI), Koen Van Loo a indiqué que la gestion du cash de Brussels Airlines était conforme aux prévisions. Si la reprise n'est pas pour l'été, l'aide sera néanmoins insuffisante.

Les 290 millions d'euros débloqués par la Belgique pour venir en aide à Brussels Airlines, filiale de Lufthansa, étaient au coeur des discussions ce mercredi matin en commission Finances et Budget de la Chambre.

Le patron de la Société fédérale de participations et d'investissement (SFPI) Koen Van Loo était auditionné sur les conditions de cette aide et sur la santé de Brussels Airlines, alors que le secteur est plus que jamais cloué au sol. L’interdiction des voyages lui remet un nouveau coup. Koen Van Loo a indiqué que, pour le moment, Brussels Airlines était "on track" avec le business plan mis en place lors du sauvetage. Comprenez que la gestion de liquidité se déroule comme prévu avec des vols qui génèrent du cash, mais des coûts fixes qui font fondre la trésorerie.

157,1 millions
euros
L'État belge devrait libérer 157,1 millions d'euros de son aide d'ici l'été. De la première tranche de 130 millions, une centaine a été utilisée pour rembourser les voyageurs.

Pour rappel, Lufthansa a mis 170 millions d'euros dans sa filiale. Sur les 290 millions d'euros belges, 2,9 millions ont été versés dès septembre. Le reste du montant consiste en un prêt sur 6 ans de 287,1 millions. "Brussels Airlines a demandé de libérer 130 millions du prêt début décembre. Il reste 157,1 millions d’euros qui seront libérés avant l’été selon les prévisions", a détaillé Koen Van Loo.

Koen Van Loo, CEO de la SFPI ©BELGA

Il s'agit d'un emprunt bullet, dont les intérêts sont payés chaque année et où le capital n'est remboursé qu'à terme ou plus tôt si Lufthansa le souhaite. "En cas de non-remboursement, le gouvernement, via la SFPI, deviendra propriétaire de Brussels Airlines", a rappelé le CEO.

Somme insuffisante?

Le problème est maintenant de savoir si cette somme sera suffisante pour Brussels Airlines. La compagnie tablait sur une certaine reprise en été, sa période la plus rentable. "Je peux déjà vous dire que l'on n'y sera pas", a prédit de son côté Théo Francken, le député N-VA.

"On verra si les réservations entre mai et juin correspondent à ce qui est prévu dans le business plan du sauvetage. Il est clair que si en juillet/août, l’impact reste important sur le nombre de vols, le business plan ne va pas tenir. Dans ce cas-là, les 290+170 millions ne vont pas suffire", a avoué Van Loo.

"Il est clair que si en juillet/août, l’impact reste important sur le nombre de vols, 290+170 millions d'euros ne suffiront pas."
Koen Van Loo
CEO de la SFPI

"Dans un scénario négatif, il faudra donc se remettre autour de la table pour trouver la meilleure solution pour l’écosystème de l’aéroport et de Brussels Airlines" en fonction de la stratégie de Lufthansa, a insisté Van Loo qui a indiqué que 7% de la capacité était actuellement opérée par SN en Europe et 38% vers l'Afrique.

Plainte de Ryanair

Ryanair, de son côté, a déposé une plainte contre cette aide d'État le 15 janvier dernier. Koen Van Loo dit avoir "bon espoir que l’on passera ce test", alors que l'aide a reçu l'aval de la Commission européenne.

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