Perte du satellite Taranis avec de la technologie belge à son bord

Le satellite Taranis devait se pencher sur les étranges manifestations lumineuses qui se produisent pendant les orages à quelques dizaines de km au-dessus de nos têtes. ©CNES

L'échec du tir du lanceur européen Vega a causé la perte de deux satellites, dont Taranis, qui emportait de la technologie fournie par le belge Spacebel.

Le lanceur léger Vega a enregistré une anomalie dans sa trajectoire huit minutes après son lancement de Kourou dans la nuit de lundi à mardi, conduisant à l'échec de la mission et à la perte de deux satellites européens.

Vega emportait notamment Taranis, un satellite français conçu pour observer les phénomènes électromagnétiques radiatifs et lumineux survenant à des altitudes comprises entre 20 et 100 km au-dessus des orages. La société belge Spacebel a fourni le système informatique de démarrage des huit instruments à bord de Taranis, ainsi que le logiciel de vol principal de cette charge utile du satellite.

"Huit minutes après le décollage de la mission, une dégradation de la trajectoire a été constatée, entraînant la perte de la mission."
Arianespace

Objectif de la mission

L'autre satellite était SEOSAT-Ingenio, le premier satellite espagnol d'observation de la Terre pour le compte de l'agence spatiale européenne (ESA) et de l'Espagne. "Huit minutes après le décollage de la mission (...), une dégradation de la trajectoire a été constatée, entraînant la perte de la mission", a indiqué Arianespace.

Multiples rôles de Spacebel

Spacebel est également impliquée aux côtés de l'entreprise italienne Avio dans le développement et l'évolution du logiciel de vol pilotant Vega, dans les activités de génie logiciel de guidage, de navigation et de contrôle du lanceur européen. Elle est, en outre, responsable du logiciel de simulation qui a permis de vérifier et de valider les différentes fonctions de l'ordinateur de bord du lanceur.

Il s'agissait de la deuxième mission en 2020 pour Vega qui a connu une année difficile, avec deux lancements contre quatre prévus. Vega avait aussi connu une défaillance à l'été 2019, qui avait entraîné sa destruction.

Spacebel n'étant pas impliqué dans les opérations de Taranis, la perte financière pour l'entreprise belge est "très faible" puisque le manque à gagner ne réside que dans l'absence de chiffre d'affaires pour la maintenance prévue durant les deux ans de mission, a indiqué à Belga Thierry Du Pré-Werson, CEO de Spacebel. Par contre, il y a un "risque que notre travail sur les évolutions du lanceur soit mis au frigo", a-t-il ajouté, assurant que le système de Spacebel n'était pas la cause de l'anomalie.

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