analyse

Peut-on reprocher à Ryanair son modèle?

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Doit-on crier haro sur Ryanair? Le low cost, dans plusieurs régions du monde, garde tous ses attraits, pour autant qu’il ne tende pas vers le mépris à la fois de son personnel et de ses clients.

Le point sur la grève ce jeudi

Deuxième jour de grève pour le personnel de cabine de Ryanair en Belgique et dans plusieurs autres pays européens.
A Charleroi. Tout comme mercredi, 60% des vols de la compagnie aérienne Ryanair ont été annulés.
A Bruxelles. 11 vols sur 20 sont annulés.

→ Les détails dans cet article

Peut-on reprocher à Ryanair son modèle? Celui-ci a été copié par Michael O’Leary – il nous l’a dit lui-même – sur celui de la compagnie texane Southwest Airlines. Mais un peu jusqu’à la caricature, en méprisant à la fois le personnel et la clientèle, lesquels – tous! – acceptaient leur sort de bonne grâce, les uns car ils avaient trouvé un boulot, les autres des billets à très bon marché. Sans comprendre que leur soumission arrangeait les actionnaires aussi.

Lisez aussi notre Edito La caricature du low cost a vécu

Cette béatitude parfaitement compréhensible a fait souffrir des compagnies aériennes bien installées sur le marché, qu’il fût nord-américain, asiatique ou européen. Il est clair qu’aujourd’hui encore, des Air France, Alitalia et autres, en raison de syndicats dépassés, n’ont pas encore compris qu’il est vital de s’adapter aux nouvelles normes dictées par les low cost et en tout cas sur les réseaux domestiques. Nous entendons par là le continent européen.

Le low cost garde ses attraits

Quant au long-courrier, si le low cost paraît encore loin de s’imposer pour des tas de raisons, le service de grande classe garde les faveurs d’une clientèle assez large pour en assurer la rentabilité.

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Tout ceci pour dire que le low cost, dans plusieurs régions du monde, garde tous ses attraits, pour autant qu’il ne tende pas vers le mépris à la fois de son personnel et de ses clients.

Ryanair a commencé en 2015 à faire des efforts, mais, finalement, personne n’est vraiment convaincu par les sourires carnassiers de Michael O’Leary.

Son "modèle" de gouvernance, qui consiste à menacer le personnel revendicatif de délocalisation, sinon de licenciement et de négociations base par base, a sans doute vécu. Les organisations syndicales s’organisent, les associations de défense des passagers aussi.

Et du coup, les actionnaires s’inquiètent. Peut-être l’image caricaturale de la compagnie est-elle liée à celle de son CEO. O’Leary rapporte, certes, mais la base réclame sa tête. Or il apparaît que la clientèle (les passagers) est de moins en moins cynique dans le choix de ses transporteurs. Plus de considération et moins de mépris pour le personnel seraient un bon début.

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