Pour le patron de Ryanair, "la Belgique est un tout petit marché"

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Il y avait eu des spéculations sur le départ de Michael O’Leary, mais elles devaient être un tantinet exagérées. Il a été réélu en assemblée générale, avec 98,5% des votes!

Quelques syndicats européens avaient envoyé un message clair aux actionnaires de Ryanair: "Débarrassez-nous d’O’Leary et la compagnie sera sauvée." Le message a été peu perçu, visiblement, puisque le controversé CEO a été reconduit dans ses fonctions à hauteur de 98,5% des votes. En revanche, le président de la compagnie, David Bonderman, n’a obtenu "que" 70,5% des votes, moins que les 89% de 2017, mais suffisamment pour rester à son poste.

"Débarrassez-nous d’O’Leary et la compagnie sera sauvée."
Des syndicats européens

En vérité, David Bonderman a été lâché par les fonds de pension présents dans le capital de la compagnie et réunis au sein d’une association qui leur est propre. Elle avait appelé au vote négatif de "Bondo" et s’est donc réjoui de son faible score. Mais David Bonderman est toujours là. Et la stratégie de Ryanair demeure-t-elle? C’est moins évident.

> Lire le portrait de David Bonderman: Le milliardaire membre de tous les CA

A l’heure actuelle, les actionnaires de Ryanair n’ont pas à se plaindre, mais le modèle peut présenter des risques de baisses de dividendes si les conditions d’emploi du personnel subissent des hausses. Et c’est probable, tant la pression des syndicats et unions professionnelles s’intensifie en Europe avec de plus en plus de coordination.

 

Attention au 28 septembre

À cet égard, la grève des personnels de cabine (PNC) prévue pour le 28 septembre prochain aux Pays-Bas, en Espagne, au Portugal, peut-être en Allemagne, en Italie et chez nous risque de faire des dégâts. Ryanair dément que ce sera "le chaos" car elle estime que la majorité du personnel de cabine se présentera au travail, mais, rien qu’en Belgique, par exemple, le PNC sera épaulé par les pilotes qui ont décidé de les rejoindre. Et donc, il y a peu de chances que les vols Ryanair de vendredi en huit soient assurés de Charleroi et Bruxelles.

Les pilotes, tout comme la CNE au départ, considèrent que la contre-proposition de Ryanair d’appliquer le droit belge pour le personnel stationné en Belgique "à partir du 1er mars 2020" et encore, uniquement à la condition qu’il s’agisse de "contrats Ryanair" (50% des travailleurs seulement, les autres ayant statut d’indépendants via des offices de recrutement), n’est pas satisfaisante.

On peut constater que la politique du "diviser pour régner" fonctionne quand même chez Ryanair, puisque des syndicats belges ont admis "des avancées". Elles n’empêcheront pas la grève du 28 septembre. Et probablement pas celles qui vont encore venir car les syndicats annoncent désormais des grèves mensuelles (à préavis variables, on l’imagine) qui handicaperont les services commerciaux de Ryanair.

Et qui probablement donneront un sérieux coup de canif à la fiabilité de la compagnie: "Vous partez quel jour sur Ryanair? Mardi? En êtes-vous sûr?"

Le ministre Peeters envoie une nouvelle lettre à Ryanair

Le vice-Premier ministre et ministre de l'Économie et des Consommateurs Kris Peeters (CD&V) a adressé jeudi une nouvelle lettre à Ryanair. Il y appelle le dirigeant de la compagnie irlandaise, Michael O'Leary, à rapidement trouver un accord avec les syndicats.

Dans cette lettre, le ministre belge a clairement fait savoir qu'en ce qui le concerne, la transition en droit belge ne peut attendre 2020. "Tant l'entreprise, que les employés et les travailleurs gagneraient à une solution rapide. Le médiateur social et mon cabinet sont disponibles pour arriver à cette solution", indique-t-il.

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