Precimetal, discret champion belge de l'aéronautique

La fonderie de Seneffe s’est diversifiée dans les années nonante dans l’aéronautique. Avec succès: elle compte dans ses clients Airbus et Safran.

Plus modeste que son équivalent français du Bourget, le Salon aéronautique de Farnborough (sud de Londres) n’en attire pas moins certaines petites entreprises belges qui, dans le sillage des poids lourds nationaux comme Safran Aero Boosters, Sonaca, Sabca ou Asco, profitent elles aussi du stand belge pour mettre en valeur leur savoir-faire lors de cette grand-messe de l’aviation mondiale.

Parmi celles-ci, Precimetal, une fonderie de Seneffe qui a réussi à se faire une place au soleil dans ce secteur très concurrentiel. La société wallonne, qui emploie 125 personnes, conçoit et produit des pièces de haute précision en acier et autres alliages pour les gros donneurs d’ordres comme le géant Airbus et le motoriste et équipementier Safran. "Pour Airbus, nous sommes fournisseur de rang un", souligne Philippe Hoste, administrateur délégué.

"Nous sommes présents sur l’A320, pour lequel nous fournissons notamment des éléments pour les portes passagers. En tout avec Airbus, nous proposons une centaine d’éléments de référence. Pour Safran, nous fabriquons des verrous pour les trappes des trains d’atterrissage" ajoute l’entrepreneur, ancien patron de Sonaca Montréal. L’entreprise fournit même une pièce du circuit d’huile du moteur M88 qui équipe l’avion de combat Rafale.

"Nous pouvons obtenir des résultats de l'ordre de 10 microns."
Philippe Hoste
Administrateur délégué de Precimetal

Precimetal est en quelque sorte un rescapé de l’industrie classique, qui a énormément souffert de la concurrence des pays à salaires plus attractifs. Il n’existe plus en effet que trois fonderies de ce type en Belgique, toutes situées en Wallonie, et très peu en Europe occidentale. Si cette société créée il y a quarante ans a réussi à survivre, c’est grâce à sa réorientation dans les années nonante vers le marché aéronautique, qui représente aujourd’hui la plus grande part de son chiffre d’affaires, mais également en raison de ses compétences pointues dans son créneau.

L’entreprise seneffoise utilise en effet le procédé de fonderie "à cire perdue", une méthode qui permet de reproduire très fidèlement un modèle préalablement effectué en cire, sur lequel on réalise un moule. Après élimination de la cire, l’acier est coulé dans le moule, dont il épouse les moindres détails. Chaque modèle injecté donnera au final une pièce en métal. Si la commande est de 500 pièces, il faut donc injecter 500 modèles en cire.

"Nous pouvons obtenir des résultats d’une précision de l’ordre de 10 microns, souligne encore Philippe Hoste. Le procédé permet surtout de produire des pièces très complexes géométriquement, ce que demande l’industrie aéronautique, qui n’aime pas l’assemblage par soudure." La palette de ses modèles actuels comporte environ 1.200 références, mais son catalogue historique est de 8.000 pièces.

Precimetal a longtemps appartenu au groupe français Lisi. Il y a moins de deux ans, six dirigeants de l’entreprise ont procédé à un management buy-out avec le soutien de deux fonds d’investissement français. Son chiffre d’affaires actuel est de l’ordre de 14 millions, pour une production d’environ 700.000 pièces par an. "Mais nous pourrions doubler ce chiffre avec nos capacités de production actuelles", conclut Philippe Hoste, qui précise que Precimetal a commencé à se diversifier dans le secteur médical, avec la production de prothèses orthopédiques.

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