Accord entre syndicalistes belges et Ryanair

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Les syndicats ont négocié une hausse des salaires du personnel de cabine de Ryanair basé en Belgique. Ce faisant, la plus importante CCT de Ryanair en Belgique pourrait être signée moyennant l’adhésion des travailleurs.

C’est peut-être la dernière étape d’un long bras de fer entre Ryanair et ses travailleurs belges. La société irlandaise et les syndicats sont tombés d’accord sur la délicate question des salaires du personnel de cabine basé en Belgique, tant celui employé par Ryanair depuis des années que le personnel nouvellement engagé.

Fin octobre 2018, Ryanair a accepté d’appliquer intégralement la loi belge pour tous ses employés basés à Charleroi et Zaventem. Par la suite, elle a reconnu les syndicats. En 2018, la compagnie irlandaise avait en effet été paralysée à plusieurs reprises par des grèves de ses pilotes ou de son personnel de cabine, ce qui l’avait poussée à ouvrir des négociations avec les syndicats.

"Fin janvier 2019, les pilotes ont obtenu un accord sur les rémunérations et les horaires."
CNE

Pour la CNE, cette reconnaissance a depuis permis des avancées sociales considérables. "Fin janvier 2019, les pilotes ont obtenu un accord sur les rémunérations et les horaires. Fin février 2019, le personnel de cabine qui opérait via des agences d’intérim (une large majorité des stewards et hôtesses sur les vols Ryanair, NDLR) a été intégré à la société Ryanair, à dater du 1er avril", détaille la CNE dans un communiqué publié en début de soirée ce mercredi.

Le personnel de cabine le moins payé verra son salaire augmenter de 25%, de quoi atteindre le minimum légal en Belgique dans le secteur de l’aviation. "Le reste du personnel de cabine voit également ses salaires augmenter, avec une hausse en moyenne de 8%", détaille encore la CNE.

Reste maintenant à ce que l’accord soit validé par les travailleurs eux-mêmes. Ce n’est pas gagné d’avance, estime-t-on à la CNE, tant le bras de fer social a pu être dur par le passé.

Si le vote est positif, le protocole sera transformé en CCT, "la plus importante de l'histoire de Ryanair en Belgique", selon la CNE.

"Si le vote est positif, la signature de la CCT la plus importante de l’histoire de Ryanair en Belgique permettrait une avancée sociale majeure", souligne la délégation syndicale CNE/ACV.

"Certains gagneront plus, d’autres moins, explique ainsi Didier Lebbe, secrétaire permanent CNE. Parmi les plus anciens, il y a en outre pas mal de rancœur envers la compagnie. Je crois tout de même que le oui va l’emporter."

Fin d’une époque

Pour Ryanair, c’est en tout cas un peu la fin d’une époque. Son modèle low cost est secoué. Dans les derniers résultats annuels de son exercice décalé 2018-2019, son bénéfice a chuté de 30%, de 1,45 milliard à 1,02 milliard d’euros. Des chiffres qui ne prennent d’ailleurs pas en compte la perte exceptionnelle de près de 140 millions observée cette année chez Laudamotion, filiale autrichienne de Ryanair qui doit son nom à Niki Lauda, le champion de F1 décédé ce mardi.

Michael O’Leary s’attend à une nouvelle baisse des bénéfices notamment en raison d’une nouvelle hausse des prix du carburant.

Pourtant, les revenus de Ryanair sont encore en hausse de 7% sur le dernier exercice, mais l’augmentation des coûts est aussi conséquente. Le premier coupable est le carburant qui a coûté 440 millions d’euros de plus à Ryanair en 2019-2020. Mais la hausse du salaire des pilotes a pesé pour 200 millions d’euros dans les chiffres 2018-2019.

Michael O’Leary n’est pas des plus enthousiastes pour cette année indiquant que la visibilité était très mauvaise. Il s’attend donc à une nouvelle baisse des bénéfices notamment en raison d’une nouvelle hausse des prix du carburant. La guerre des prix avec d’autres acteurs comme Eurowings, maison mère de Brussels Airlines, va aussi se faire sentir.

Les hausses des frais de personnel devraient selon toute logique se poursuivre cette année. Mais c’est peut-être le prix à payer pour une paix sociale durable. "Les accords engrangés permettent le développement d’une confiance mutuelle entre les interlocuteurs sociaux",relève le syndicat chrétien. Les deux parties se sont engagées à poursuivre les négociations autour du fonctionnement de la délégation syndicale, du système de congés et d’un système transparent pour assurer les promotions et les transferts au sein du réseau Ryanair. La délégation syndicale sera particulièrement attentive au respect intégral du droit belge, met-elle néanmoins en garde.

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