Qatar Airways veut investir des millions dans American Airlines

©AFP

La compagnie aérienne Qatar Airways, qui subit la crise diplomatique dans la région du Golfe, s'intéresse à son concurrent American Airlines dont il souhaite acquérir 4,75%.

L'action American Airlines a bondi jeudi de plus de 3,5% à l'ouverture de Wall Street. En cause, une annonce de Qatar Airways. La compagnie aérienne publique a dit vouloir acquérir environ 10% du capital de la compagnie américaine. Au cours de clôture de l'action mercredi (48,43 dollars), elle souhaiterait donc acheter 16,7 millions de titres pour 808 millions de dollars. 

American Airlines, qui précise ne pas avoir sollicité d'investissement, a toutefois rappelé que tout investisseur souhaitant acquérir plus de 4,75% de son capital doit recevoir au préalable le feu vert de son conseil d'administration...

Apparemment cet argument a fait réfléchir Qatar Airways qui a revu son offre à la baisse, à exactement 4,75%. Et le marché était tout de suite moins enthousiaste (+1,75% à 17h).

Participation passive

"Qatar Airways croit aux valeurs fondamentales d'American Airlines et a l'intention d'avoir une participation passive dans l'entreprise, sans s'imiscer dans le management, l'opérationnel ou la gouvernance", affirme la compagnie aérienne.

American Airlines avait précédemment précisé que la participation de Qatar Airways n'aurait pas d'impact sur:

- la composition du conseil d'administration,
- la gouvernance,
- le management,
- l'orientation stratégique,
- les accords de "ciel ouvert" conclus entre autres avec les Emirats arabes unis et le Qatar,
- les demandes de mesures de protection faites aux autorités américaines par les groupes américains face aux subventions publiques supposées perçues par les compagnies du Golfe. 

Mais alors, quel intérêt à investir? Maintenir sa croissance, peut-être. Qatar Airways s'est développé à un rythme effréné ces deux dernières décennies, en prenant des participations dans des compagnies aériennes étrangères notamment. Le groupe est ainsi l'un des principaux actionnaires d'International Airlines Group (IAG), maison mère de British Airways. Il détient également 49% du capital de la deuxième compagnie italienne Meridiana et est au capital du transporteur sud-américain LATAM Airlines.

La compagnie qatari avait également déclaré en avril que l'interdiction de ses passagers à destination des États-Unis de transporter des ordinateurs portables en cabine avait fait chuter ses réservations. 

Bad timing?

Mais le moment choisi pour cette annonce laisse songeur. Cette manifestation d'intérêt de la part de Qatar Airways intervient alors que l'émirat affronte une crise diplomatique avec certains de ses voisins arabes, en premier lieu l'Arabie saoudite, qui ont rompu leurs relations avec lui. Ils accusent le Qatar de soutenir "le terrorisme" et de se rapprocher de l'Iran chiite, rival régional du royaume saoudien. Ces pays du Golfe ont fermé leurs frontières terrestres et maritimes avec le petit mais richissime émirat gazier et lui ont imposé de sévères restrictions aériennes.

"Les déclarations du président Trump concernant mon pays étaient déplacées."
Akbar al-Baker
patron de Qatar Airways

Jugeant ce "blocus illégal", Akbar al-Baker, le patron de Qatar Airways, a menacé de saisir les tribunaux internationaux pour obtenir une compensation car cette crise affecte, assure-t-il, 18 destinations desservies par la compagnie aérienne, soit 50 vols par jour. Connu pour son franc-parler et son tempérament fougueux, il s'est également dit déçu par la Maison Blanche: "Les déclarations du président Trump concernant mon pays étaient déplacées", a-il déclaré.

Le président des Etats-Unis a en effet paru se ranger du côté saoudien dans cette crise en publiant une série de tweets apportant un soutien tacite à l'isolement du Qatar. Mais, comme l'administration américaine n'est pas à une contradiction près, le département d'Etat appelle chaque partie au dialogue pour ne pas perpétuer le blocage.

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés