Répétition générale réussie pour Air Belgium

©Luc Barry

La nouvelle compagnie aérienne belge a réalisé samedi deux vols d’essai de près de 3h chacun pour évaluer son service et procéder aux derniers ajustements avant le démarrage de ses activités fin avril. Environ 257 passagers étaient à bord de chacun des vols. Elle a récolté 13.350 euros pour le Télévie et Kom op tegen kanker.

Tout est visiblement fin prêt pour le démarrage officiel des activités d’Air Belgium, la compagnie aérienne qui s’est fixé comme objectif de desservir, dans un premier temps, Hong Kong au départ de l’aéroport de Charleroi à des prix défiant toute concurrence sans rogner sur la qualité du service.

"C’est une opération qui nous coûte de l’argent, mais elle est nécessaire pour corriger tout ce qui peut l’être au niveau de l’offre de service
Niky Terzakis
CEO d'Air Belgium

Ses dirigeants organisaient samedi des vols préparatifs avec des passagers pour tester ses opérations et procéder aux derniers ajustements avant son premier vol commercial. "C’est une opération qui nous coûte de l’argent, mais elle est nécessaire pour corriger tout ce qui peut l’être au niveau de l’offre de service (enregistrement des bagages, embarquement, service à bord). Nous en avons profité aussi pour apporter notre contribution à l’opération Télévie de RTL TVi et à son pendant flamand Kom op tegen kanker", nous a confié samedi Niky Terzakis, CEO et cheville ouvrière d’Air Belgium, au pied de l’avion aux couleurs de la nouvelle compagnie aérienne. Il est venu superviser les opérations, accompagné par Jean-Jacques Cloquet, le patron de BSCA, la société de gestion de l’aéroport wallon.

6.675 euros pour le Télévie

©Luc Barry

Dans une démarche inédite qui la différencie des autres compagnies aériennes existantes, les dirigeants avaient mis en vente sur leur site des billets aux prix de 25 euros, 40 euros et 50 euros (selon la classe choisie entre l’économique, la premium et la business). Un seul vol d’essai était prévu au départ, mais les places étaient toutes vendues en moins de 2 heures et pour éviter qu’il y ait trop de déçus, la compagnie a décidé de rajouter un second vol. Ici aussi le succès était au rendez-vous. Le premier a eu lieu samedi matin à 11h et le dernier, à 17h. Les recettes seront versées aux deux opérations de financement de recherche contre le cancer en Belgique francophone (Télévie) et dans le nord du pays (kom op tegen kanker). Les comptes en fin de journée indiquent qu’Air Belgium a réalisé des ventes pour un total de 13.350 euros au profit des deux associations.

Ils sont nombreux à avoir acheter les billets pour ce voyage d’un jour et sont venus des pays voisins (Angleterre, Allemagne, Pays-Bas, etc.) avec des motivations diverses.

"J’ai acheté le ticket sur Internet. J’aime tester tout ce qu’il y a de neuf dans le secteur de l’aviation et j’envisage aller prochainement à Hong Kong. Peut-être que je ferai ce voyage avec Air Belgium"
Aleksander
Un passager

"J’ai acheté le ticket sur Internet. J’aime tester tout ce qu’il y a de neuf dans le secteur de l’aviation et j’envisage aller prochainement à Hong Kong. Peut-être que je ferai ce voyage avec Air Belgium", sourit Aleksander, un trentenaire venu d’Allemagne. "Je suis un passionné de l’aviation. Ce vol d’essai est une occasion de faire de belles photos d’autant plus que la météo est bonne, je peux donc faire des clichés intéressants d’en haut à travers le hublot. On verra bien où je serai assis dans l’avion et si les autres passagers se montrent sympas et me permettent de les déranger ", renchérit Dirk, un Hollandais avec son appareil photo en bandoulière.

Il était environ 17h quand l’Airbus A340-300 passagers s’est envolé avec ses 257 passagers à bord pour un tour de quelques heures dans le ciel. Ils ont, au préalable, enregistré leurs bagages au comptoirs auprès des préposés d’Air Belgium comme dans le cadre d’un voyage normal. Parmi eux, tant des passionnés d’aviation (on les reconnaît à leurs appareils-photos en bandoulière ou tenus par la ceinture de la sacoche de protection) que de simples quidams ayant saisi l’opportunité d’une balade dans les airs tout en contribuant à une bonne action. Quelques élèves d’une école de pilotes sont de la partie.

©Luc Barry

La compagnie joue la carte de la mixité, en genre et en nationalité au sein de ses effectifs. Parmi les agents aux comptoirs d’embarquement, il y a autant des Européens que des Asiatiques. L’objectif avoué est que le touriste hongkongais qui arrive ne soit pas trop dépaysé. Il a fallu ensuite passer les contrôles de sécurité. A bord, les hôtesses et stewards s’activent pour contenter les passagers comme lors d’un vol classique. Avant le décollage, la voix féminine d’une hôtesse de l’air rappelle les règles de sécurité à observer accompagner simultanément par les démonstrations de ses collègues. S’en suivit le message de bienvenue du commandant de bord François Brocart. "Bienvenue à bord du vol KF 343 de 2h50 qui nous amènera vers la Scandinavie….", a-t-annoncé.

Pragmatisme et rentabilité

©Philippe Lawson

A peine l’avion a pris son envol et s’est stabilisé dans les airs que plusieurs passagers ont commencé à arpenter les couloirs, armé de leurs appareils-photos pour capter les images de l’extérieur à travers les hublots. Ils gênent parfois les hôtesses et stewards dans leurs pérégrinations pour distribuer les repas trois services. Ces derniers n’hésitent pas à leur rappeler les règles de sécurité, mais toujours avec sourire et avec bienveillance. En quittant Charleroi, le commandant Brocart survole l’Allemagne (Francfort, Cologne, Dusseldorf, Rostock, etc.), la mer baltique en frôlant d’une aile la Norvège et le Danemark. Il finit sa boucle en empruntant l’espace aérien des Pays-Bas (Amsterdam, etc.). C’est le même circuit que pour le vol du matin à 11h, précise une hôtesse à un passager. L’atterrissage à Charleroi a été retardé par une "petite surprise  comme l’a annoncé le commandant de bord qui a averti les passagers, avec un brin d’humour, qu’il ne sait pas s’il atterrira à Charleroi.

En effet, un petit d’avion est victime d’un petit incident technique sur la piste. Mais après une dizaine de minutes d’attente, l’A340-300 d’Air Belgium a posé son train d’atterrissage sur la piste carolo peu après 20h sous les applaudissements des passagers. Avant de descendre, ils ont rempli un formulaire renseignant sur leurs impressions et leurs suggestions des choses à améliorer. Ceux qui ont joué le jeu avaient dans leurs bagages des vêtements à donner. Après avoir récupéré leurs valises, ils ont vidé le contenu dans deux grands bacs de l’asbl "faim et froid" disposés sur le parking express (la contenance des bagages du vol du matin est allée à Oxfam). Comme souvenir et en guise de remerciement, chaque passager a reçu un diplôme rappelant les objectifs du vol.

Si tout va bien, Air Belgium devrait faire opérer premier vol commercial le 30 avril, mais tout dépendra du nombre des réservations. "Il ne faut pas faire dans le symbolisme en perdant de l’argent, mais plutôt être pragmatique pour garantir la rentabilité", nous a indiqué un acteur du projet.

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