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Ryanair est parvenu à diviser le front syndical belge. Victoire?

©REUTERS

La compagnie aérienne low cost est prête à inscrire la législation nationale sur le travail dans de futures CCT à partir de 2020. "Inacceptable et absurde", juge la CNE. "Place à la négociation", estiment le SETCa et la CGSLB.

Les syndicats belges et la compagnie aérienne low cost sont encore loin de trouver un terrain d’entente. Ryanair semble pourtant avoir fait un pas vers la réconciliation en se disant prêt à reconnaître des délégations syndicales pour les pilotes et le personnel de cabine basés en Belgique. L’entreprise s’engage même à inscrire la législation nationale sur le travail dans de futures conventions collectives de travail (CCT)… à partir de 2020.

Loin de leur ouvrir la porte, la Centrale nationale des employés (CNE) estime que la proposition de Ryanair est inacceptable. Sur le principe, d’abord. "Dire qu’on va faire une CCT où on s’engagera, en 2020, à respecter la loi est totalement absurde, dénonce Didier Lebbe, le secrétaire permanent de la CNE. Les autorités compétentes doivent faire en sorte que Ryanair se comporte maintenant comme une entreprise normale et applique donc les lois locales."

Sous conditions

"Proposer une convention où on s’engagera, en 2020, à respecter la loi est totalement absurde."
Didier Lebbe
Secrétaire permanent de la CNE

En outre, poursuit Didier Lebbe, la proposition est conditionnée. "Il faudrait que l’ensemble des 600 membres du personnel accepte de passer sous le système belge. Si un seul d’entre eux refuse, tout tombe à l’eau", explique-t-il. Ajoutez à cela que la proposition de Ryanair ne concerne que les travailleurs sous contrat Ryanair. Or 50% des travailleurs et les nouveaux engagés le sont sous contrat Crewlink.

"Il s’agit d’une société d’intérim qui met à disposition de Ryanair des travailleurs. Ils ne sont pas compris dans l’accord", commente Didier Lebbe. Et selon ce dernier, l’existence de cette structure ne serait même pas vraiment légale au regard de la loi dans la mesure où elle n’aurait pas l’agrément en tant qu’agence de travail intérimaire.

Enfin, Ryanair insiste sur le fait que "n’importe quel accord entre Ryanair et les syndicats belges doit reconnaître le business model de Ryanair, et ne peut être tenable en Belgique que si toutes les parties acceptent les conditions préalables de haute efficience et haute productivité".

Enfin une ouverture?

À l’opposé de la CNE, le SETCa et la CGSLB estiment que la proposition de Ryanair ouvre enfin la voie vers la construction d’un semblant de concertation sociale au sein de la compagnie aérienne. Ils estiment d’ailleurs que les éléments avancés par la direction constituent une base suffisante pour entamer des discussions.

Marianne Thyssen: "Ryanair doit appliquer la loi belge immédiatement"

La compagnie aérienne à bas prix Ryanair doit appliquer immédiatement les législations nationales sur le travail ainsi que la législation européenne, a affirmé mercredi la commissaire européenne à l'Emploi Marianne Thyssen, précisant qu'il appartenait aux institutions des États membres de les faire respecter.

 "D'autres compagnies aériennes à bas prix appliquent déjà les contrats locaux", a noté la commissaire belge. "Je dis à Ryanair: qu'attendez-vous pour le faire? " Mme Thyssen souligne que, s'il existe bien des périodes transitoires jusqu'en 2022 pour certains contrats en matière de sécurité sociale, ce n'est pas le cas en matière de droit du travail, immédiatement applicable.

"La législation sur le travail est très claire, elle repose sur la notion du 'home base', c'est-à-dire que ce qui est déterminant, c'est l'endroit d'où le travailleur part au matin et retourne au soir, ce n'est donc pas le pavillon sous lequel vole l'appareil". Et en Belgique, c'est bien l'auditorat belge du travail qui est la juridiction compétente à cet égard, ajoute-t-elle. 

 

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