Ryanair licencie 84 personnes, la loi Renault sera finalement lancée

Ryanair a annoncé en mai vouloir se séparer de 3.000 personnes en Europe. On connaît maintenant ses intentions pour la Belgique. ©EPA

Ryanair envisage de licencier 44 pilotes et 40 stewards et hôtesses basés en Belgique. La loi Renault va être activée, annonce le syndicat chrétien CNE.

Après avoir menacé de licenciement, depuis plusieurs semaines, son personnel basé en Belgique s'il n'acceptait pas de nouvelles conditions salariales, Ryanair est passé à l'acte. La compagnie aérienne à bas prix avait annoncé lors de sa dernière assemblée générale du 18 mai qu’en plus des 250 pertes d’emplois dans ses bases administratives, elle chercherait à réduire son personnel navigant de 3.000 unités.

En Belgique, le plan de Ryanair est de réduire les salaires de 20% pour les pilotes et de 10% pour le personnel de cabine. Des discussions qui n'ont pas abouti.

"Ryanair ignore sciemment les lois belges du travail."
Alain Vanalderweireldt
Président de Belgian Cockpit Association (BeCA)

En date du 14 mai, la Belgian Cockpit Association (BeCA), qui regroupe les pilotes de Belgique, avait reçu une lettre de Ryanair annonçant le licenciement possible de 25% des effectifs, soit 44 pilotes sur l’ensemble. Voilà qui est désormais confirmé, en plus des 40 membres du personnel de cabine, et non 30 comme précédemment annoncé.

"Dans un tel cas de licenciement collectif, la loi belge impose la procédure Renault qui autorise le travail à temps partiel. Celle-ci est parfaitement adaptée à ce temps de crise mais Ryanair ignore sciemment les lois belges du travail", indique Alain Vanalderweireldt, président de la BeCA. Avant de préciser que les documents nécessaires seront envoyés aux administrations belges compétentes dès ce vendredi.

"Quand on est en restructuration, on doit discuter avec l'ensemble des travailleurs et pas avec certaines catégories de travailleurs."
Didier Lebbe
Secrétaire permanent de la CNE

A la CNE, on ne décolère pas. On y explique que Ryanair essaye systématiquement de passer dans le dos des syndicats. "Ils doivent négocier dans le cadre légal, dans le cadre de la loi Renault, négocier avec les représentations syndicales et pas contourner via les associations de pilotes. Ce sont les syndicats qui signent les conventions collectives et personne d'autre. Nous ne sommes pas en Angleterre", fulmine Didier Lebbe, secrétaire permanent de la CNE. "Quand on est en restructuration, on doit discuter avec l'ensemble des travailleurs et pas avec certaines catégories de travailleurs", ajoute-t-il.

Il demande donc que les autorités soient attentives à ce que Ryanair respecte les lois. "S'il ne respecte pas la procédure, on espère que les autorités vont cette fois réagir et ne pas laisser passer comme ils l'ont souvent fait avec Ryanair", tacle le syndicaliste qui espère que la firme irlandaise, qui a désormais annoncé ses intentions, va "jouer le jeu".

Ryanair a déjà conclu des accords en Irlande et au Royaume-Uni sur des réductions de salaires afin de conserver les emplois. En Belgique, par contre, Ryanair voulait d'abord se mettre d'accord sur des réductions salariales avant de dire combien d'emplois étaient menacés, ce qui fut refusé catégoriquement par les syndicats.

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