Ryanair menace de supprimer des avions basés en Belgique

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La conciliation entre syndicats belges et Ryanair a échoué. Les licenciements pointent et Ryanair menace de supprimer 7 avions à Charleroi et 2 à Zaventem.

La conciliation a échoué ce mardi entre ACV Puls-CNE et Ryanair. Le seul syndicat réellement présent au sein de la compagnie réfute la clôture de la phase 1 de la loi Renault par la compagnie, qui avait donc décidé d'avancer unilatéralement. Les travailleurs estiment ne pas avoir reçu de réponse à toutes leurs questions comme le prévoit la loi. La conciliation de ce mercredi n'a débouché sur aucun accord, bien au contraire.

La pression est montée d'un cran alors qu'il nous revient que Ryanair a même menacé de retirer 7 avions basés à Charleroi et 2 basés à Zaventem. Ce serait une coupe considérable, dans la mesure où avant le Covid, Ryanair comptait 17 avions basés à Charleroi et 3 à 4 à Zaventem.

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Ryanair comptait 17 avions basés à Charleroi avant le Covid.

Dès le début de la crise, Ryanair a fait de la baisse des salaires un cheval de bataille sur tous ses marchés. Il a depuis lors été expliqué aux syndicalistes belges que Ryanair avait trouvé des accords concernant des coupes salariales dans plusieurs pays, notamment en Espagne, en France, au Portugal et en Allemagne. "Nous avons reçu depuis la semaine dernière des courriers de nos collègues européens qui certifient que cela est complètement faux. Ils n’ont pas d’accords", insiste Didier Lebbe, de la CNE. Depuis le début des négociations, les syndicats belges rappellent à la direction qu'une partie conséquente du personnel de cabine est déjà au minimum légal.

Dermagne durcit le ton

Contacté ce mercredi par L'Écho, le cabinet du ministre wallon Pierre-Yves Dermagne (PS) trouve toujours que la phase 1 a été "très mal menée". Le cabinet nous indique aujourd'hui que "le ministre étudie très concrètement la possibilité de se faire rembourser par Ryanair des aides publiques fédérales et régionales".

Le CEO de Ryanair, Michael O’Leary, estime quant à lui que les aides à Brussels Airlines sont déloyales et le répète à l’envi. "Ryanair oublie que depuis sa création, elle bénéficie d’aides publiques qui lui ont permis d’avoir une telle croissance", insiste Didier Lebbe.

"Le ministre étudie très concrètement la possibilité de se faire rembourser par Ryanair des aides publiques fédérales et régionales."
Cabinet du ministre wallon Pierre-Yves Dermagne

Légalement, 30 jours après la notification de la fin de la phase 1, Ryanair pourrait procéder à des licenciements, soit dès le 23 décembre. Le nombre de licenciements sur la table, qui a été revu deux fois à la hausse en pleine phase de consultation, est de 170 dans le personnel de cabine. Un accord non détaillé à la presse a par contre été trouvé en septembre avec les pilotes, qui ont accepté une diminution de salaire.

Si les licenciements sont réalisés, il est donc fort probable qu’une contestation collective auprès des tribunaux sera mise en œuvre. L'absence de procès-verbal établissant la fin de la phase 1 permet en effet de contester les licenciements. Mais Ryanair n'est en général pas effrayée par les batailles juridiques.

En attendant, Ryanair poursuit ses campagnes de recrutement en Europe, car Ryanair indique aussi à chaque occasion que sa solidité financière lui permettra de profiter pleinement de la reprise des vols et de sortir grande gagnante de cette crise.

Le problème, c'est qu'avec une majorité d'avions bloqués au sol, les syndicats ne peuvent pas vraiment utiliser leur meilleur moyen de pression, à savoir la grève.

Cela a le don d'irriter encore plus les travailleurs, qui ne comprennent pas pourquoi Ryanair tient tellement à licencier des travailleurs en chômage économique qui ne lui coûtent rien, et donc à payer des indemnités pour des travailleurs dont elle pourrait avoir besoin d'ici quelques mois.

Il "n'est pas normal qu'une entreprise qui recourt au chômage économique depuis six mois puisse licencier. Le but du chômage économique est justement d'éviter les licenciements", insiste Didier Lebbe.

Le problème, c'est qu'avec une majorité d'avions bloqués au sol, les syndicats ne peuvent pas vraiment utiliser leur meilleur moyen de pression, à savoir la grève.

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