"Ryanair prend son personnel pour des pions"

Ryanair va transférer 28 membres de son personnel basé à Bruxelles vers d'autres bases. ©EPA

Le couperet est tombé: avec la suppression d'un des 4 avions Ryanair à Bruxelles-National, 28 membres du personnel seront transférés dans d'autres bases.

Le retrait d'un des quatre avions Ryanair du tarmac de Bruxelles-National dès la fin du mois de mars se traduira par des transferts de personnel vers d'autres bases. "Il y aura 28 personnes en trop à l'aéroport de Zaventem", précise Didier Lebbe, secrétaire permanent CNE. Certaines personnes seront donc réorientées vers Charleroi, mais aussi vers d'autres pays, "sans compensation", souligne le syndicaliste.

Ryanair prétend être dans son droit en transférant à l'étranger des membres du personnel qui ne seraient pas volontaire. Et ça pour nous, c'est non!
Didier Lebbe
CNE

Certes, pour certains membres du personnel, cette mesure est une opportunité de retourner dans leur pays d'origine. Mais, là aussi le déménagement nécessaire sera effectué à leurs frais, ce qui passe mal du côté des syndicats. 

"Ryanair prétend être dans son droit en transférant à l'étranger des membres du personnel qui ne seraient pas volontaire. Elle affirme que c'est le métier qui le veut. Et ça pour nous, c'est non!", ajoute le permanent CNE qui se dit "sceptique" quant à la légalité d'une telle mesure. "Quand on change de pays, on doit changer de contrat pour un contrat dans la législation locale. Il y a donc rupture de contrat et besoin d'indemnisation." 

Il affirme qu'au premier cas de transfert effectué sans indemnisation, il saisira les tribunaux. "Avec les grèves, c'est la seule manière de se faire entendre chez Ryanair."

Appel à l'humain

Traditionnellement, ces transferts sont opérés par la compagnie à bas coûts en 2 ou 3 jours. Les syndicats appellent à une prolongation du délai. "Il faut arrêter de prendre le personnel pour des pions. Ryanair joue au Monopoly en déplaçant ses avions sur une carte, mais lors d'un transfert de base, il y a des gens derrière, qui ont une vie. Ryanair doit en tenir compte et agir de manière plus humaine."

Quand on change de pays, on doit changer de contrat pour un contrat dans la législation locale. Il y a donc rupture de contrat et besoin d'indemnisation.

À cause de la crise du 737 MAX de Boeing, Ryanair est toujours dans l'attente de la livraison de 135 avions. Un de ces appareils était destiné à l'aéroport de Bruxelles-National. La compagnie a donc annoncé retirer purement et simplement d'un des appareils de sa base bruxelloise.

Ryanair reste à Bruxelles

Cet avion pourrait toutefois revenir à Bruxelles, une fois la livraison effectuée. "Pourrait", car Ryanair indique être constamment en train d'analyser ses bases. La compagnie confirme toutefois ne pas vouloir quitter Bruxelles.

Quoi qu'il en soit, avec seulement trois avions sur Bruxelles, Ryanair va aussi devoir adapter son offre. L'étude des changements éventuels est en cours au sein du service commercial, entend-on. 

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