Ryanair veut dégraisser en Belgique, mais… sans procédure Renault?

Les pilotes considèrent que Ryanair profite de la crise du coronavirus pour faire un chantage à l’emploi et aux conditions de travail inacceptables. ©REUTERS

La compagnie low cost compte se séparer d’un quart de ses pilotes en Belgique et de trente membres du personnel de cabine, mais ne respecte (toujours pas) les règles sociales.

La compagnie à bas prix Ryanair a annoncé lors de sa dernière assemblée générale du 18 mai qu’en plus de 250 pertes d’emplois dans ses bases administratives, elle chercherait à réduire son personnel navigant de 3.000 unités et les salaires de 20%. Le groupe s’attend à des pertes de 200 millions d’euros au premier trimestre de son exercice (à partir d’avril) et aussi une perte au trimestre suivant. Elle devrait assurer 40% de ses liaisons dès juillet, 60% en août.

44
Pilotes
Ryanair annonce le licenciement possible de 25% de ses effectifs, soit 44 pilotes.

En date du 14 mai, la Belgian Cockpit Association (BeCA), qui regroupe les pilotes de Belgique, a reçu une lettre de Ryanair annonçant le licenciement possible de 25% des effectifs, soit 44 pilotes sur l’ensemble. La CNE a fait état de menaces sur 30 personnes du personnel de cabine. "Dans un tel cas de licenciement collectif, la loi belge impose la procédure Renault, qui autorise le travail à temps partiel, parfaitement adapté à ce temps de crise, constate Alain Vanalderweireldt, président de la BeCA. Mais Ryanair ignore sciemment les lois du travail belge."

Ainsi, la compagnie irlandaise s’insurge contre les aides d’État octroyées à de grandes compagnies, mais ne pense même pas à démarcher les administrations pour des aides. "Ryanair n’a toujours pas rempli correctement les documents nécessaires pour permettre à ses employés de bénéficier des allocations de chômage temporaire, auxquels ils ont pourtant droit en tant que cotisants à la sécurité sociale belge, précise un communiqué de la BeCA. Nous exhortons donc Ryanair à procéder immédiatement à la régularisation de la situation de ses employés."

Chantage à l’emploi

"Le pire est qu'il est indiqué que des engagements de personnels navigants sont planifiés, mais à des barèmes encore inférieurs."
Alain Vanalderweireldt
Président de la BeCA

Les pilotes considèrent que Ryanair profite de la crise du coronavirus pour faire un chantage à l’emploi et aux conditions de travail inacceptables. "Les chiffres présentés le 18 mai aux actionnaires montrent que Ryanair est en bonne santé financière et qu’elle est mieux placée que ses concurrentes pour redresser la barre au moment de la reprise, argumente Alain Vanalderweireldt. Dans ces conditions, pourquoi vouloir remettre unilatéralement en cause les conventions collectives signées chez nous en 2018 et 2019?"

"Le pire, nous dit encore le président de BeCA, est que, dans la lettre qui nous a été adressée, il est clairement indiqué que des engagements de personnels navigants sont planifiés dès que la reprise sera confirmée, mais à des barèmes encore inférieurs. Nous aimerions avoir toutes les données des perspectives opérationnelles qui nous permettraient d’évaluer si ces menaces de licenciements sont véritablement justifiées."

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