Sauvetage dramatique pour Lufthansa

Plusieurs dizaines de salariés s’étaient rassemblés pour demander aux actionnaires d’approuver le plan de sauvetage. ©EPA

Les actionnaires de Lufthansa ont très largement approuvé jeudi un plan de sauvetage de 9 milliards d'euros, levant ainsi la dernière hypothèque avant sa mise en place. Ils l'ont validé à plus de 98% des voix lors d'une assemblée générale

Le plan de sauvetage de Lufthansa prévoit une nationalisation partielle (20% du capital pour lesquels la Banque de crédit et d’investissement KfW va débourser 300 millions d’euros) de la compagnie qui avait été entièrement privatisée en 1997, 22.000 suppressions d’emploi et l’abandon à la concurrence de 24 slots de décollage dans les aéroports de Francfort et Munich. Ce dernier point est insuffisant aux yeux du patron de Ryanair, Michael O’Leary, qui a annoncé jeudi vouloir porter le dossier devant justice de l’Union européenne. " C’est un cas spectaculaire, dans lequel un riche pays européen ignore les traités européens dans l’intérêt de son industrie nationale, au détriment des pays plus pauvres ", s’est  insurgé O’Leary.

« C’est un cas spectaculaire, dans lequel un riche pays européen ignore les traités européens dans l’intérêt de son industrie nationale, au détriment des pays plus pauvres »
Michael O’Leary
CEO Ryanair

 " Si vous approuvez le plan, Lufthansa pourra renouer avec les succès du passé, et il n’y aura pas de faillite, a souligné le chef du conseil de surveillance, Karl-Ludwig Kley, lors d’un vibrant plaidoyer. Nous n’avons plus d’argent ! " a-t-il ajouté. Lufthansa, qui a perdu un million d’euro par heure au pire de la crise sanitaire (2,1 milliards d’euros de pertes pour le seul premier trimestre) est au bord de la faillite. " Nous sommes à un moment historique ", a souligné le président du Directoire, Carsten Spohr.

Manifestation des salariés

Devant le siège de l’entreprise, plusieurs dizaines de salariés s’étaient rassemblés pour demander aux actionnaires d’approuver le plan de sauvetage, qui mettra sur le carreau 22.000 temps plein, soit 16% des effectifs mondiaux. Mercredi dans la soirée, les négociations avaient débuté avec le syndicat  du personnel navigant, portant sur un paquet d’économie de 500 millions d’euros, prévoyant gel des salaires,  départs en retraite anticipée et chômage technique. Des négociations doivent également débuter avec le syndicat des pilotes. 

En Belgique, la direction et les syndicats de Brussels Airlines ont conclu un accord de principe mercredi sur la restructuration du transporteur annoncée le mois dernier. Le nombre de licenciements effectifs n'est pas encore connu. La suppression jusqu'à 1.000 postes, soit un quart des effectifs avait été annoncé comme nécessaire pour garantir la compétitivité de Brussels Airlines.

Le sauvetage de Lufthansa avait menacé de virer au cauchemar en début de semaine, alors que le principal actionnaire du groupe, le milliardaire Heinz Hermann Thiele, opposé à l’entrée de l’Etat au capital, semblait sur le point de refuser de cautionner le plan de sauvetage. Mercredi soir, il avait finalement annoncé qu’il ne bloquerait pas le sauvetage.

La suite s’annonce compliquée pour Lufthansa, alors que selon la direction, l’offre de vols sera toujours inférieure de 60% par rapport à la normale en septembre.

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