Sept candidats s'arrachent la gestion des bagages à Brussels Airport

©BELGA

À la date limite de dépôt des offres lundi, pas moins sept candidatsavaient déposé un dossier pour l’assistance en escale et la manutention du fret.

Le compte à rebours pour la sélection de nouveaux opérateurs pour assurer les services d’assistance (handling) à Brussels Airport est enclenché. Selon nos informations, l’appel d’offres lancé par Brussels Airport Company (BAC), la société gestionnaire de l’aéroport national, a été clôturé ce lundi. "La date limite fixée pour déposer les offres est effectivement passée. Nous allons maintenant analyser les dossiers rentrés et statuer pour garantir l’attribution des nouvelles licences à temps", nous a confié Florence Muls, porte-parole de Brussels Airport. Elle se refuse à en dire davantage sur le nombre et l’identité des candidats désireux d’obtenir la nouvelle licence.

Mais selon des sources proches du dossier, pas moins de sept dossiers d’offres ont été déposés par différents "handlers":

-> les deux opérateurs actuels : Swissport et Aviapartner 
-> le français WFS (déjà présent dans la zone cargo Brucargo)
-> l’espagnol Acciona, du groupe anglais Menzies Aviation
-> Dnata, une filiale de la compagnie aérienne Emirates
-> L’aéroport de Munich, qui exploite une filiale active dans le secteur de la manutention ferroviaire et de l’assistance au sol, aurait également déposé une offre.

L’appel d’offres vise tant la manutention de fret aérien (cargo) que l’assistance technique au sol (avions, passagers, bagages). Les licences actuelles ont une durée de 7 ans et elles expirent en octobre 2018. Les futures licences auront aussi une durée de 7 ans.

Brussels Airport s’y prend donc à temps pour éviter de vivre la même mésaventure lors de l’attribution de l’actuelle licence. Des candidats évincés avaient introduit un recours en justice et certains acteurs comme Menzies sont toujours en procédure judiciaire contre l’aéroport national.

Trois handlers pour le cargo

Il y a une nouveauté dans l’actuel appel d’offres. En effet, même si le nombre de "handlers" pour l’assistance au sol des passagers est limité à deux, les dirigeants de l’aéroport national ont obtenu gain de cause auprès du gouvernement fédéral pour le cargo. Ils ont désormais la possibilité de désigner trois handlers pour la manutention de fret aérien.

C’est une option à laquelle toutes les parties ont souscrit. Les handlers s’étaient opposés à l’ouverture des activités d’assistance en escale (refueling des avions, assistance aux personnes à mobilité réduite, ticketing, nettoyage des avions, etc.) soit ouvert à un troisième opérateur. Ils redoutent (à juste titre) une concurrence exacerbée susceptible de pousser les tarifs trop à la baisse, ce qui les empêcherait d’avoir des revenus suffisants pour réaliser des investissements. De plus, la concurrence exacerbée pourrait avoir un impact négatif sur les salaires ou être source de pression sur les travailleurs.

La solution trouvée, soit deux handlers pour l’assistance des passagers et trois autres pour le cargo, semble donc convenir à tout le monde. Le nombre important de candidats ayant rentré des offres s’explique notamment par le fait Brussels Airport est une plateforme aéroportuaire de renom et y opérer est une belle carte de visite pour concourir sous d’autres cieux.

Par ailleurs, le montant du marché est loin d’être anodin. En effet, selon nos informations, les deux marchés (passagers, cargo) représenteraient un chiffre d’affaires total de quelque 250 millions d’euros.

Selon des observateurs, tous les candidats ne partent pas avec la même chance même si les dirigeants de Brussels Airport auront à cœur de ne commettre aucune erreur pouvant leur valoir un recours en justice. Mais les observateurs se demandent s’ils se réjouiront d’attribuer un marché à un candidat avec qui ils sont en procédure judiciaire.

La même analyse pourrait se faire à l’égard de la filiale de l’aéroport de Munich qui est un concurrent. Ils pourraient regarder la qualité des services offerts par les handlers qui opèrent déjà sur le tarmac bruxellois. Le bilan de Swissport ne plaiderait pas vraiment en sa faveur selon des observateurs qui mettent la situation sociale compliquée en interne marquée par des grèves qui ont pénalisé les passagers. De sources syndicales, le CEO de Swissport Belgique serait sur le départ et il y a quelques jours le DRH a claqué la porte.

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité
Publicité

Contenu sponsorisé

Partner content