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Sonaca innove avec le premier avion "made in Belgium"

©doc

L’équipementier aéronautique Sonaca et la SRIW ont créé une filiale commune, Sonaca Aircraft, pour développer le premier avion de tourisme certifié belge.

Partenaire renommé des principaux avionneurs (Airbus, Bombardier, Embraer, etc.), l’équipementier aéronautique Sonaca s’apprête à lancer son premier avion sur le marché des appareils de tourisme. Il s’agit d’un monomoteur à deux places de 700kg. "C’est un beau projet d’innovation en termes de produits et le résultat concret de notre dynamique en la matière. La présence d’un groupe comme Sonaca à leurs côtés peut aider les initiateurs du projet à aller plus vite", nous a confié Bernard Delvaux, CEO du groupe Sonaca.

Pour développer le projet, l’entreprise aéronautique s’est associée au fonds public d’investissement SRIW pour créer la Sonaca venture holding (SVH). Cette dernière lancera officiellement cette semaine Sonaca Aircraft, la société anonyme qui pilotera le développement de l’avion qui porte (provisoirement) son nom. "L’histoire a démarré il y a environ un an et demi avec le projet de trois ingénieurs de notre service d’études qui voulaient créer un avion électrique. Le projet a été revu afin d’avoir un produit qui puisse être rapidement mis sur le marché. Nous sommes donc passés d’un avion électrique à un avion thermique", explique Yves Delatte, chef des programmes du groupe Sonaca et nouveau CEO de Sonaca Aircraft.

Un prototype certifié pour quatre pays est déjà opérationnel.

Après une période de coaching chez Nest up (l’accélérateur wallon de start-ups), les initiateurs ont donc retenu l’idée de partir d’un avion existant à améliorer afin de renforcer ses qualités et le certifier. Ils se tournent vers la société sud-africaine The Airplane factory, qui avait mis au point un monomoteur qui ne disposait que d’une homologation locale. Un partenariat a été signé et l’avion sud-africain est rapatrié à Gosselies pour procéder aux améliorations nécessaires.

Les premiers tests sont concluants. Un prototype du nouvel avion certifié belge sillonne les cieux pour éprouver ses qualités. Il vient de rentrer d’un périple à Londres. "C’est le seul avion belge certifié. Il a une homologation provisoire de la DGTA (administration fédérale de l’aéronautique, NDLR) qui lui permet de réaliser des vols en Belgique et dans les pays voisins (Allemagne, France, Royaume-Uni). L’avantage de notre produit est sa solidité, sa fiabilité et sa qualité de fonctionnement. Contrairement aux appareils du même type d’il y a 40 ans, il utilise de l’essence sans plomb, le même carburant que les voitures, et est moins bruyant", dit Carl Mengdehl (28 ans), un des trois ingénieurs de Sonaca à l’origine du projet.

Sur le marché en 2 ans

Guidé par le goût de l’entrepreneuriat, il a quitté l’entreprise aéronautique pour rejoindre Sonaca Aircraft. Tout comme ses deux autres collègues. "Le nouvel avion a d’autres atouts. Il affiche une maniabilité à très faible vitesse, ce qui lui garantit un comportement homogène lors des atterrissages. Il peut aussi monter très vite en altitude. Une fois certifié, il peut être utilisé comme outil de formation pour les futurs pilotes. Il peut parcourir plus de 1.200 km", renchérit Pierre Van Wetter (39 ans), pilote et responsable "marketing and sales" de la nouvelle société.

Sonaca Aircraft est dotée d’un capital de plus de 2 millions d’euros. Elle est détenue à 65% par Sonaca venture holding et à 25% par The Airplane factory. Le reste du capital est aux mains des initiateurs du projet. Face aux concurrents, les trois ingénieurs soutiennent que leur avion répondra aux besoins du marché. "Il a un coût de maintenance réduite, il consomme moins de carburant. Nous misons aussi sur la qualité du service et le service après-vente grâce au sérieux et à la crédibilité d’un partenaire comme Sonaca", précise Sophie Lancereau (27 ans), responsable financier de Sonaca Aircraft.

Le premier avion de tourisme certifié belge devrait être commercialisé d’ici deux ans. Son prix se situera dans une fourchette de 150.000 à 200.000 euros. Il sera fabriqué en Belgique. En vitesse de croisière, sa production devrait entraîner la création d’environ 50 emplois.

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