Taxer davantage le secteur aérien ne léserait pas l'emploi

©BELGA

Une étude de la Commission européenne énonce les avantages et les inconvénients d'une taxe sur les billets d'avion ou d'une taxe sur le kérosène.

La question se pose en Belgique: faut-il davantage taxer le secteur aérien? Et comment faut-il oeuvrer: via une taxe sur les billets d'avion? Via une taxe sur le kérosène?
Pour l'instant, la Belgique fait partie des douze pays européens qui ne taxent pas du tout le transport aérien.

Notre pays soutient pourtant l'initiative néerlandaise d'une "tarification juste et correcte du transport aérien au regard de son impact sur l'environnement".

→ Taxer les billets d'avion:

L'Allemagne et six autres pays européens ont déjà franchi le cap avec une taxe sur les billets. Une étude de la Commission européenne révèle aujourd'hui que si la Belgique devait leur emboîter le pas, cela rapporterait annuellement au pays 142 millions d'euros, mais coûterait aussi 4% des emplois dans le secteur aérien, lit-on dans "De Standaard".

Selon les auteurs de l'étude, cette taxe aurait aussi un impact sur le prix des billets d'avion: +4%. Quant aux émissions de CO2, la Commission estime qu'elles baisseraient de 4%. Elle table pour cela sur le fait que les avions accueilleraient 4% de passagers en moins.

Pour les pertes d'emplois, craintes par le secteur, les conclusions de l'étude affirment que les 4% d'emplois supprimés seraient compensés par des créations d'emplois dans d'autres secteurs.

→ Taxer le kérosène:

Et si plutôt qu'une taxe sur les billets, on introduisait une taxe sur le kérosène? Ici aussi l'effet négatif sur l'emploi serait compensé, souligne l'ONG Transport&Environnement (T&E)  dans "Le Soir".

Cette taxe (de 330 euros/1000 litres) se traduirait par une hausse de 10% du prix moyen du billet. Le nombre de passagers et de vols serait, lui, attendu en recul de 11%. L'effet sur l'emploi serait plus sévère qu'avec la taxe sur les billets (-17%), mais également compensé par un effet positif dans d'autres secteurs grâce à une hausse des recettes fiscales. "Cela peut entraîner soit une augmentation des dépenses publiques, soit une baisse des autres taxes et une hausse de la consommation", constate l'étude.

Les émissions de CO2 seraient en Belgique réduites de 17% et le nombre de personnes souffrant de nuisances sonores de 12%.   

"L'étude casse le mythe créé par l'industrie selon lequel l'économie serait irrémédiablement endommagée par la taxation du carburant aérien", pointe Bill Hemmings, directeur "Aviation" chez T&E. Il qualifie d'indéfendable "le paradis fiscal du kérosène de l'Europe". Aux États-Unis, au Brésil, en Inde et au Japon, les vols internationaux ou domestiques sont taxés via une combinaison d'accises sur le kérosène, de TVA ou de taxes sur les billets. "C'est donc tout à fait possible", insiste Hemmings.


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