analyse

Thomas Cook et Brussels Airlines ensemble pour mieux grandir

©Belga

Deux avions et 160 personnels navigants arboreront les couleurs de Brussels Airlines pour la plupart des vols Thomas Cook Belgique. Cet accord sera effectif en novembre prochain, moyennant accords sociaux et des autorités de la concurrence.

Thomas Cook Belgique a approché Brussels Airlines (SN) pour assurer la plus grand part de ses vols, certains " city trips " pouvant encore être assurés par d’autres transporteurs. Ce faisant, le tour-opérateur compte céder deux de ses avions – ça tombe bien, ce sont des Airbus A320 identiques à ceux de la compagnie – et 160 personnels navigants à SN, les trois autres appareils rejoignant le groupe Thomas Cook, où l’on retrouve, par exemple, la compagnie Condor en Allemagne. Seul problème social: le licenciement à craindre de 40 membres du personnel de Thomas Cook Belgium au sol.

→ Lire également notre édito: L'envol de Brussels Airlines

1 Le timing? Prêt pour l’hiver

Si nous parlons au futur, c’est parce que cet accord ne devrait être opérationnel qu’à la prochaine saison d’hiver (début novembre), la mise en place prenant du temps et devant obtenir l’aval des syndicats. Probablement plus de temps au sein de Thomas Cook Airlines Belgium où des licenciements sont à craindre, mais peut-être aussi chez SN, où les pilotes n’apprécient pas toujours voir arriver dans les listes de séniorité des candidats en ordre utile pour les vols long-courriers.

Ensuite, il faudra aussi un accord des autorités de la concurrence, heureusement pas celles de l’Europe qui prennent un temps fou à se prononcer.

2 Le gagnant? Le passager

En revanche, à la fois pour les clients de Thomas Cook et pour les passagers de SN, cet accord ouvre des perspectives. Pour Jan Dekeyser, managing directeur de Thomas Cook Belgique, le T-O " sera en mesure d’offrir aux clients de Neckermann, Thomas Cook et Pegase jusqu’à 20% de vols supplémentaires vers certaines destinations de vacances les plus populaires ". Quant à SN, elle va doubler son offre de destinations de vacances pour atteindre les 51 escales, avec notamment l’addition du Cap-vert, de l’Egypte, de Lanzarote, etc.

3 La stratégie? Grandir

Comme nous l’a confirmé Bernard Gustin, CEO de Brussels Airlines, les nouveaux vols ne seront pas réservés au tour-opérateur. On pourra donc prendre des vols secs " destination only " sur les nouvelles escales. Et sur certaines d’entre elles (Canaries, par exemple), les fréquences seront augmentées. Enfin, Thomas Cook et SN étudient déjà des possibilités de croissance en long-courrier en Afrique et en Europe, bien sûr, mais aussi en Asie, en Amérique du Nord et dans les Caraïbes. On est clairement dans une stratégie de croissance ou, plus précisément et pour reprendre les termes de Bernard Gustin, dans un " processus d’intention ".

4 L’emploi? C’est le bémol

Brussels Airlines ayant suffisamment de personnel à disposition au sol pour prendre en charge deux Airbus A320 supplémentaires, quarante personnes risquent le licenciement chez Thomas Cook Airlines Belgium (TCAB). L’information a été communiquée en conseil d’entreprise hier matin et des négociations doivent démarrer en prélude à une notification officielle de l’accord auprès des autorités belges de la concurrence.

Côté syndical, la CSC déplore qu’il " ne restera plus que deux compagnies en Belgique, Brussels Airlines et TUIfly " et annonçait discuter avec ses délégués avant de définir une stratégie d’action. Du côté du Setca, son secrétaire Olivier Van Camp a annoncé des négociations en front commun et mettre Brussels Airlines devant ses responsabilités : " Elle ne peut pas prendre ce qu’il y a de mieux dans la vitrine et laisser le reste à son sort ", a-t-il déclaré à l’agence Belga. Enfin, le syndicat libéral évoque " un nouveau coup dur après la faillite de la Sabena ". Il y a plus de 15 ans.

Une procédure de licenciement collectif a été engagée avec le conseil d’entreprise de TCAB, mais Jan Dekeyser (Thomas Cook) a évoqué les possibilités de reclassement, tandis que Bernard Gustin a rappelé que, dans une procédure de croissance, de nouvelles places se dessinent toujours.

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