Un 3e handler à Zaventem ?

La porte du marché de l’assistance en escale à l’aéroport de Bruxelles-National est désormais ouverte. Mais ce ne sera pas pour tout de suite: il faudra atteindre le seuil des 24 millions de passagers pour pouvoir accueillir un troisième prestataire de services.

Le Moniteur belge a publié hier/mercredi l’Arrêté royal "réglementant l’accès au marché de l’assistance en escale à l’aéroport de Bruxelles-National". Comme on l’attendait, il prévoit l’ouverture du handling sur le tarmac à une troisième société.

Elles ne sont actuellement que deux : Aviapartner et Flightcare. L'irruption d'un troisième larron ne sera pas pour tout de suite car l’arrêté ne prévoit cette hypothèse que lorsque Brussels Airport aura atteint soit le seuil des 24 millions de passagers, soit celui des 650.000 tonnes de fret. Ce qui ne devrait être possible que d’ici une dizaine d’années. Il y a donc bien "ouverture", mais sur le long terme.

Dans son article 6, l’arrêté royal (qui a été signé par le Roi le 6 novembre à Nice…) prévoit en effet que "le nombre de prestataires de services autorisés est limité à trois (…)  si au moment de la publication de l’appel d’offres au Journal officiel de l’Union européenne le nombre de passagers annuels à l’aéroport a atteint ou dépassé les 24 millions durant les deux années précédant cette publication". Pour le handling du cargo, il faudra que le tonnage annuel traité ait atteint les 650.000 tonnes, également au cours des deux dernières années.

Cette année, sauf événement majeur de style Eyjafjöll avec immobilisation d’avions, on devrait atteindre les 18 millions de passagers et les 450.000 tonnes de fret à Brussels Airport. Le nombre de passagers devra donc encore augmenter d’environ 30%.

Dans l’hypothèse d’une augmentation de quelque 4% par an du nombre de passagers (ce qui est beaucoup), il faudra donc attendre de 7 à 8 ans auxquels il faudra ajouter les deux années de stabilité de ce seuil, soit environ 10 ans. Peut-être un peu moins dans le secteur du cargo dont la croissance paraît plus soutenue.

Déception

Pour la société Menzies, qui espérait beaucoup d’un changement de la législation, c’est la déception. "Le cabinet Schouppe avait d’abord en tête 20 millions de passagers et 500.000 tonnes de fret, mais visiblement la pression des syndicats a été assez forte, de même que celle du cabinet de Joëlle Milquet, ministre de l’Emploi", regrette un conseiller de chez Menzies. "Il n’est d’ailleurs pas sûr que Menzies va concourir à l’appel d’offre qui maintenant devrait être lancé assez rapidement", ajoute-t-il.

Ce n’est pas pour autant le tapis rouge qui se déploie devant Flightcare et Aviapartner. "Un tel appel d’offre est toujours un énorme challenge", insiste Brieuc de Meeûs (Flightcare), et s’il est vrai que nous avons l’avantage d’être sur place, il faut toujours aborder une telle compétition avec beaucoup d’humilité. On ne se trouve pas dans la même situation qu’il y a sept ans, après la faillite de la Sabena".

La nouvelle législation devrait rassurer les syndicats qui craignaient des modifications de leurs statuts en cas d’arrivée d’un troisième handler, laquelle arrivée ne génèrerait pas pour autant du trafic supplémentaire, mais rendrait la concurrence plus sévère en matière de prix et donc de coûts de production.

En revanche, plusieurs compagnies pourraient en prendre ombrage, elles qui souhaitaient justement renforcer cette concurrence en particulier dans le secteur du fret. Il a même été dit que l’une ou l’autre compagnie cargo menaçait de partir faute d’un troisième concurrent. C’est sans doute un peu d’esbroufe car on ne quitte pas si facilement une plate-forme aéroportuaire, surtout si les opérations sont rentables.

On devrait donc savoir d’ici au début de 2011 quels handlers seront choisis. Les candidats sélectionnés le seront de nouveau pour une période de sept ans.

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