La Région wallonne cherche à contourner skeyes

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Une "grève sauvage" des contrôleurs aériens chez skeyes a affecté le trafic des aéroports belges. L'espace aérien était fermé depuis 9h30, il a rouvert à 13h. Une centaine de vols à Brussels Airport et BSCA ont été annulés.

Ce jeudi devait être une journée d'information sur l'accord social conclu la semaine dernière chez skeyes (ex-Belgocontrol). Il n'en sera rien. "Nous avons entendu que les syndicats voulaient saisir l'occasion pour faire grève. Nous avons donc annulé nos réunions d'information", explique Dominique Deheaene, porte-parole de skeyes. Désormais pour la direction, toute action entamée sera considérée comme une grève sauvage.

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Cette énième action des contrôleurs aériens n'est pas du goût de Brussels Airlines. "Le coût des perturbations est actuellement estimé à au moins 4 millions d'euros pour Brussels Airlines. Outre l'impact financier négatif, l'industrie aéronautique belge souffre d'un grave préjudice de réputation et perd des clients au profit des aéroports des pays voisins en raison de l'incertitude créée par la gestion peu fiable du trafic aérien", déplore la compagnie dans un communiqué.

Brussels Airlines tient donc skeyes pour responsable des dommages causés par les restrictions de capacité et la fermeture de l'espace aérien. Elle envisage ainsi un recours en justice.    

Bye Bye skeyes

"Est-ce que le Premier ministre absent, Charles Michel, peut enfin intervenir dans ce foutoir?"
Ben Weyts
Ministre flamand de la mobilité

De son côté, le gouvernement wallon a mandaté Pegasus, une société de conseils en aéronautique, "pour voir comment contourner skeyes", a indiqué le ministre régional en charge des Aéroports, Jean-Luc Crucke. "Nous nous rapprochons de plus en plus d'un bye-bye skeyes", a-t-il ajouté. 

Selon Jean-Luc Crucke, la Sowaer - la société wallonne des aéroports - a approuvé en urgence, mercredi, la désignation de Pegasus "pour qu'il détermine comment la Région pourra se passer de skeyes", une société à propos de laquelle le ministre ne se fait plus "aucune illusion".

Plus nuancé, le cabinet du ministre fédéral de la Mobilité et des Transports François Bellot s'est limité à "regretter" jeudi le nouveau mouvement social chez Skeyes.

 "Est-ce que le Premier ministre absent, Charles Michel, peut enfin intervenir dans ce foutoir?" a demandé le ministre de la mobilité flamand , Ben Weyts, sur Twitter. "Les contrôleurs aériens ont des préoccupations justes mais de mauvais moyens d'action."

Espace aérien rouvert

Dans un tweet, Eurocontrol a annoncé ce jeudi matin une grève sauvage entre 9h30 et 13h. L'espace aérien est donc resté fermé une bonne partie de la journée. 

90 vols ont été supprimés à Brussels Airport. Et de nombreux retards étaient à déplorer. A Brussels South Charleroi Airport, une dizaine de vols ont été annulés (cinq décollages et cinq atterrissages). Les retards se sont accumulé là aussi. 

Pourquoi une telle action?

Un accord social a été conclu la semaine dernière. Le texte n'est cependant pas soutenu par l'ACV-Transcom, principal syndicat au sein de l'entreprise chargée du contrôle aérien en Belgique et par le syndicat libéral VSOA. Selon eux, les propositions qui se trouvent sur la table ne solutionnent pas les problèmes de charge du travail et de l'équilibre entre vies privée et professionnelle chez skeyes.

Aujourd'hui, les syndicats reconnaissent que des séances d'information étaient prévues entre 10 et 19 heures. Pour la direction, il s'agit d'une permanence permettant aux salariés de venir s'informer pendant les moments de pause. Pour les syndicats, ces sessions sont une nouvelle fois organisées pendant les heures les plus "chaudes" de la journée. "Les salariés sont de ce fait privé du droit de s'informer", indique Kurt Callaerts, ACV-Transcom. Il ajoute qu'assister en nombre à ces réunions aurait eu un impact sur le trafic ce matin et cet après-midi.

Il s'étonne enfin du fait que la direction parle d'une grève sauvage. "Notre préavis court toujours."  

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