Va-t-on enfin savoir ce qui est arrivé au vol EgyptAir?

©AFP

Les deux boîtes noires de l'appareil d'EgyptAir, qui s'est abimé en mer le 19 mai dernier, ont été retrouvées. Reste à les analyser.

La deuxième boîte noire de l'Airbus d'EgyptAir qui s'est abîmé le 19 mai en Méditerranée orientale a été localisée et repêchée, ont annoncé vendredi les enquêteurs égyptiens. Le Flight Data Recorder (FDR), qui enregistre tous les paramètres de vol, "a été repêché en plusieurs morceaux" et les équipes de recherches ont pu récupérer "la partie la plus importante, qui contient la mémoire de l'appareil".

Une première boite noire, contenant l'enregistreur de vol -celui qui enregistre les conversations dans le cockpit- a été récupéré jeudi.

Le ministère de l'aviation civile égyptien a d'ailleurs indiqué qu'il allait débuter le chargement des données de la carte mémoire de l'enregistreur de vol d'EgyptAir, ont indiqué des sources officielles à l'agence DPA.

Le contenu de la carte mémoire (memory unit), soit les conversations entre le pilote et le co-pilote à l'intérieur du cockpit durant les minutes précédant le crash, sera téléchargé et analysé par une unité spéciale du ministère.

"Le contenu de la boîte noire sera récupéré et analysé dans un département spécialisé du ministère de l'Aviation civile au Caire", a indiqué n responsable du ministère, sous le couvert de l'anonymat avant de préciser: "si la mémoire est endommagée, on va l'envoyer à un laboratoire à l'étranger pour des analyses plus poussées".

La première boîte noire retrouvée est cruciale. Elle enregistre les conversations dans le cockpit. Le Cockpit Voice Recorder (CVR) fonctionne comme un magnétophone et contient généralement jusqu'à deux heures de conversations: voix du commandant de bord et du copilote, communications entre le cockpit, le chef de cabine et les hôtesses/stewards, mais aussi des bruits d'ambiance dans l'avion.

"On va voir réellement dans quel état d'esprit était l'équipage, comment ça s'est passé, est-ce qu'ils ont été surpris, est-ce qu'ils ont été apeurés", ajoute M. Serrat.

Les résultats des analyses ne seront pas annoncés à la presse avant qu'ils soient communiqués aux autorités d'enquête et au procureur.

Les réponses attendues

Pour Jean Serrat, consultant en aéronautique, l'analyse de la première boîte noire va permettre de répondre "à des questions extrêmement importantes".

"Est-ce que l'équipage a été surpris et n'a pas eu le temps d'agir? Ou est-ce qu'il y a eu un phénomène important qui s'est passé à bord qui fait que l'équipage a déclenché une procédure d'urgence qui s'est ensuite mal déroulée? Est-ce qu'il y a un bruit d'explosion ou de décompression explosive de l'avion?", s'interroge cet ancien commandant de bord.

Le CVR fonctionne comme un magnétophone et contient généralement jusqu'à deux heures de conversations: voix du commandant de bord et du copilote, communications entre le cockpit, le chef de cabine et les hôtesses/stewards, mais aussi des bruits d'ambiance dans l'avion.

"Le contenu de la (première) boîte noire sera (...) analysé dans un département spécialisé du ministère de l'Aviation civile au Caire", a indiqué un responsable du ministère, sous le couvert de l'anonymat avant de préciser: "si la mémoire est endommagée, on va l'envoyer à un laboratoire à l'étranger pour des analyses plus poussées".

La thèse de l'attentat abandonnée

Les 66 personnes à bord du vol MS804, qui effectuait la liaison Paris-Le Caire, ont péri dans la catastrophe. L'hypothèse d'un attentat contre l'Airbus avait d'abord été avancée par l'Egypte. Fin octobre, une bombe avait en effet explosé à bord d'un avion de touristes russes après son décollage de la station balnéaire de Charm el-Cheikh (224 morts). L'attaque avait été revendiquée par le groupe jihadiste Etat islamique (EI).

Mais cette thèse a cédé du terrain au profit de celle d'un incident technique, notamment en l'absence de revendication et en raison d'alarmes signalant des défaillances.

Juste avant la chute de l'avion, et deux minutes durant, le système de transmission automatisé de messages de l'appareil avait indiqué que 10 alarmes s'étaient déclenchées à bord. Elles signalaient de la fumée dans le cockpit, dans une toilette et sous la cabine de pilotage, ainsi qu'une défaillance de l'ordinateur gérant les commandes de l'avion.

La commission d'enquête égyptienne avait par ailleurs confirmé lundi que l'appareil avait effectué un virage brutal à 90 degrés sur sa gauche, puis une vrille de 360 degrés à droite, avant d'entamer sa chute.

Lire également

Publicité
Publicité

Messages sponsorisés