Vive concurrence en Afrique pour Brussels Airlines

L’offre de la compagnie sur le continent a augmenté de 37% en cinq ans, soit 8% de mieux que la moyenne de toutes les compagnies.

Personne n’ignore plus que Brussels Airlines (B.Air) est une compagnie spécialisée sur l’Afrique sub-saharienne. Mais elle n’est pas la seule à considérer que ce marché représente un fort potentiel de développement. Au cours des cinq dernières années, la progression globale de l’offre en capacité sur ce continent a été de 29%. Mais les compagnies européennes n’ont progressé que de 4% en moyenne, à comparer aux 37% de croissance pour Brussels Airlines... et aux 94% de croissance du fait des compagnies d’Afrique et du Moyen-Orient. Et ce n’est pas fini parce que les géants se réveillent. Rien qu’à Accra (Ghana), des compagnies comme Emirates ou United Airlines ont débarqué récemment, alors que Brussels Airlines n’y était pas spécialement " attendue " comme dans d’autres escales de l’ex-Sabena.

Pour ne prendre que l’exemple d’Air France-KLM, le groupe va ouvrir Kigali (avec KLM) fin du mois (obligeant B.Air à passer à quatre fréquences hebdomadaires à partir de la saison d’hiver), de même que Bata (avec Air France) en Guinée équatoriale, puis, l’été prochain, Freetown (Sierra Leone), Monrovia (Liberia) et Tripoli en plus d’augmentations de fréquences. Les compagnies africaines ne demeurent pas en reste, telle Afriqiyah (Libye) qui attire une importante clientèle ethnique vers l’Afrique noire.

Face à cette offensive qui se traduit par des réductions de la recette unitaire (-21% en 5 ans pour des recettes globales en hausse de 32% pour B.Air), la compagnie belge va considérablement renforcer son offre tant quantitativement que qualitativement, comme l’a expliqué la semaine dernière à Accra Bernard Gustin, co-CEO de Brussels Airlines. Souvenons-nous que la compagnie avait inauguré quatre nouvelles destinations africaines début juillet: Cotonou (Bénin) et Lomé (Togo) - deux destinations qui marchent mieux que prévu -, Accra et Ouagadougou (Burkina Faso), cette dernière souffrant un peu du vol du dimanche.

Pour ces dessertes, un cinquième Airbus A330 avait été acquis. Il répond à la demande, puisqu’il a transporté globalement 9% de passagers en plus que prévu. Idem pour le cargo soit dit en passant, les avions ayant été remplis entre 90 et 99% en juillet et août derniers. Avec le 5e Airbus, la capacité aura augmenté de 12,5% cette année (le démarrage a eu lieu en juillet). Selon les premières réservations, les estimations de trafic croîtront de 18% cette année et encore de 14% en 2011, sans compter l’acquisition possible d’une sixième machine.

Plus de vols directs

Dans les prochains mois, Brussels envisage plusieurs axes de développement. D’abord, plus de vols directs, surtout sur les destinations à gros potentiel, comme Kinshasa. Deuxième mesure, une amélioration substantielle du confort et du divertissement (IFE pour In-Flight Entertainment) en cabine: sièges plus confortables (10 millions d’euros seront consacrés à cette fin) et écrans vidéo individuels plus larges en Economy, par exemple. Troisième axe, le développement si possible de "vols de 5e liberté" en Afrique. C’est-à-dire la possibilité, par exemple, d’embarquer des passagers à Conakry pour les amener à Dakar. Sur cette seule ligne, B.Air a transporté 10.000 clients depuis les débuts il y a un an. Et même 6.000 entre Dakar et Banjul (Gambie), destination toute proche. Il existe six liaisons de ce type actuellement sur le réseau africain et elles génèrent environ 10% du chiffre d’affaires sur la niche africaine, ce qui est considérable.

De nouvelles destinations sont à l’étude en Afrique (on parle par exemple de Lagos ou du Kilimandjaro), en plus des deux nouvelles qui ont été inaugurées la semaine dernière, pour répondre aux besoins du Club Med notamment: Marrakech et Agadir. Lesquelles portent à 20 le nombre de destinations africaines du réseau Brussels Airlines.

L’acquisition d’un sixième Airbus A330-300 est à l’étude. Cela n’a pas encore été finalisé par le conseil d’administration, mais l’appareil est virtuellement prévu pour une livraison en 2011.

Reste le dossier Korongo. Selon Christophe Allard qui en sera le directeur général à Lubumbashi, tous les espoirs d’un début des opérations avant la fin de l’année sont permis. Par sécurité, Herman Carpentier, responsable Afrique, a évoqué à Accra le mois de février 2011 pour le lancement d’une première ligne entre Lubumbashi et Kinshasa, avec un Boeing 737. Avec en outre un ou plusieurs BAe 146, la compagnie congolaise opérée par Brussels Airlines (ce qui devrait lui éviter d’être sur liste noire, l’Administration de l’aéronautique belge étant très impliquée dans le dossier) devrait assurer des vols sur Mbuji-Mayi ou Kolwezi, mais aussi à l’international, moyennant droits de trafic, de Lubumbashi vers Johannesbourg dès le premier semestre 2011 et puis, ultérieurement, vers Lusaka (Zambie), Lilongwe (Malawi) ou Kampala (Ouganda).

Enfin, Bernard Gustin a estimé que Brussels Airlines devrait terminer 2010 en équilibre, malgré le cours de l’euro, les problèmes liés au volcan islandais et la grève à Belgocontrol qui, à elle seule, lui a coûté 1,2 million net et 2 millions d’euros en pertes de revenus.

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