5.000 pertes d'emplois anticipées au Credit Suisse

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La facture sociale n'a de cesse de progresser dans les banques suisses. Credit Suisse, qui a déjà annoncé 3.500 pertes d'emplois depuis l'été 2011, table désormais sur une réduction de 5.000 personnes. La banque d'investissement est particulièrement visée.

La banque Credit Suisse semble poursuivre sa cure d'amaigrissement. Depuis l'été dernier, elle n'a de cesse de revoir à la baisse son taux d'emploi. Ainsi, à en croire un article du quotidien helvétique, "Der Sonntag", l'enseigne pourrait prochainement supprimer jusqu'à 5.000 emplois dans son activité banque d'investissement.

L'annonce devrait être officialisée le 25 avril prochain lors de la publication des résultats trimestriels. Citant l'estimation d'un dirigeant, le journal indique que la division de banque d'investissement est en surcapacité. Fin 2011, l'établissement basé à Zurich comptait 20.900 personnes dans ce secteur d'activité.

Depuis l'été dernier, plus de 115.000 suppressions de postes ont été annoncées dans les banques dans le monde. UBS et Credit Suisse en ont déjà annoncé 7.000 à eux deux depuis l'automne, essentiellement dans la banque d'investissement. Leur situation est d'autant plus fragile que leur second pilier, la banque privée, souffre des évolutions réglementaires et de la lutte contre l'évasion fiscale.

En juillet 2011, Credit Suisse annonçait 2.000 suppressions d'emplois. Un chiffre augmenté de 1.500 unités en novembre dernier.

" Politique irréfléchie "

L'ancien directeur général de Credit Suisse puis d'UBS Oswald Grübel a à cet égard critiqué l'attitude du gouvernement fédéral dans un entretien aux quotidiens " Tages-Anzeiger " et " Bund " samedi. Il estime que la stratégie de " l'argent propre " du Conseil fédéral et les accords fiscaux signés par la Suisse affaibliront considérablement la place financière du pays. Pour lui, il ne faut pas négocier bilatéralement avec chaque pays. " La Suisse accepte chaque pression, juge-t-il. Cette politique est irréfléchie. Notre place financière va se rétrécir, bien plus que d'autres places financières. " La perte de 20.000 emplois lui semble possible.

L'ex-banquier propose que la Suisse s'allie avec le Luxembourg et l'Autriche, des exceptions au sein de l'Union européenne, qui ne connaissent pas l'échange automatique d'informations. Elle pourrait ensuite négocier avec l'Europe.

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