5 questions à Pierre Mariani, CEO

"C'est un trimestre exceptionnel". Pour le patron de Dexia, les résultats engrangés par Dexia au deuxième trimestre dans un contexte particulièrement volatil sont remarquables.

Vos coûts ne diminuent guère. Doit-on s’attendre à un nouveau plan social en septembre?

L’objectif est d’économiser 600 millions d’euros sur les coûts d’ici 2012. En 2009, nous en avons réalisé 360 millions d’euros d’économies, soit près de deux années en une.

J’avais annoncé que cette année, nous atteindrions un palier, avant de reprendre notre effort.

Il faut ajouter qu’une part significative de nos coûts a été impactée par les taux de change. À taux de change constant, les coûts du groupe diminuent de 2,5 % entre le premier et le deuxième trimestre 2010. Et cela, alors que nous avons beaucoup investi, en ouvrant 50 nouvelles agences en Turquie, ou en entamant la refonte complète de notre réseau en Belgique.

Une grosse partie du programme d’économies est donc déjà d’application.

Pour le reste, nous discuterons de mesures complémentaires avec les organisations syndicales des différents pays en septembre.

 

Comme dans les autres banques, vos résultats sont surtout portés par la diminution du coût du risque…

C’est en effet un facteur commun à beaucoup de banques. L’amélioration est particulièrement spectaculaire en Turquie.

Mais je voudrais souligner deux autres éléments: d’abord, le coût du risque sur l’ensemble des collectivités locales reste extrêmement bas, ce qui démontre que certaines craintes étaient exagérées. Et pour la première fois depuis le début de la crise, nous voyons les estimations de pertes sur le portefeuille Financial Products commencer à baisser, ce qui est une bonne nouvelle pour les trimestres à venir, si la tendance se confirme.

 

Par contre, vos fonds propres ont été impactés, notamment à cause de la Grèce?

La réserve négative des titres disponibles à la vente augmente, en effet. C’est une détérioration de plus de 3 milliards d’euros, impactée par l’évolution des obligations souveraines dans différents pays.

La détérioration est aussi due, pour plus de 400 millions d’euros, à un changement dans les normes comptables. Il y a également un fort effet taux de change. Fin juillet, la situation s’était déjà améliorée de 1,1 milliard d’euros, et cette semaine, elle enregistrait encore une amélioration supplémentaire.

Paradoxalement, je pense que ce trimestre a été exceptionnel. Dans des marchés très chahutés, avec une tension sur les changes, les taux, les dettes souveraines, alors que Dexia devait sortir de la garantie des États, nous enregistrons des résultats extrêmement stables, en hausse même par rapport au premier trimestre!

 

Qu’attendez-vous pour la suite de 2010?

Je me refuse toujours à donner des indications de résultats. J’avais dit que 2010 serait plus difficile que 2009. Nous avons réussi très tôt dans l’année à boucler notre programme de financement, et nous allons continuer notre effort de "deleverage", qui est en avance sur notre plan de marche.

Nous sommes en avance également dans le programme de cession d’une série de participations.

Et ce qui me fait le plus plaisir, c’est que nous avons réalisé tout cela en donnant la priorité à nos clients, ce qui a permis une progression des montants déposés et de la satisfaction de nos clients.

 

Avez-vous déjà commencé les discussions en vue des importantes cessions que vous devez faire en Italie et en Espagne, Crediop et Sabadell?

Non, il n’y a pas encore de discussions. Nous les engagerons quand le temps sera venu. Il n’y a pas de raison d’anticiper, particulièrement dans une période où les achats ne sont peut-être pas la préoccupation essentielle des acteurs… L

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