5e année consécutive dans le rouge pour Deutsche Bank

Christian Sewig, le CEO de Deutsche Bank, se veut confiant pour l'avenir malgré la nouvelle perte enregistrée par sa banque en 2019. ©REUTERS

"Nous sommes sur la bonne voie en matière de transformation". C'est en substance le message donné ce jeudi matin par le CEO de Deutsche Bank. Cela étant, le géant bancaire allemand signe sa deuxième plus importante perte de son histoire.

"La Deutsche Bank annonce des progrès continus dans sa transformation stratégique", tel est le titre du communiqué du géant bancaire allemand sur ses résultats annuels.

On y lit ensuite que ce plan a mené à une perte nette annuelle attribuable aux actionnaires de 5,72 milliards d'euros. Il s'agit de la cinquième perte annuelle consécutive pour Deutsche Bank , qui annonçait un vaste plan de restructuration en juillet dernier. Combinée, la perte s'élève donc désormais à 15 milliards d'euros. À titre de comparaison, JPMorgan Chase & Co a réalisé l'an dernier un bénéfice de plus de 36 milliards de dollars.

Nous sommes très confiants de pouvoir financer notre transformation avec nos propres ressources et ainsi renouer avec la croissance.
Christian Sewing
CEO de Deutsche Bank

Cette perte annuelle est pire qu'anticipé par les analystes. Sur le seul quatrième trimestre, elle s'affiche à 1,6 milliard d'euros et est liée à des "dépenses de restructuration et des indemnités de départ", précise un communiqué.

Les revenus annuels dépassent les 23,2 milliards d'euros, soit un recul de 8%. Le communiqué ne donne aucun chiffre propre à l'activité belge.

©Document Deutsche Bank

Un patron optimiste

"Notre stratégie fonctionne", souligne toutefois Christian Sewing, le CEO. "La stabilisation du chiffre d'affaires au second semestre 2019 et notre discipline des coûts ont contribué à une meilleure performance opérationnelle qu’en 2018. Notre activité client se développe bien. Avec un capital solide et un ratio de fonds propres tier 1 de 13,6%, nous sommes très confiants de pouvoir financer notre transformation avec nos propres ressources et ainsi renouer avec la croissance."

Quelque 70% des charges liées au plan de restructuration sont déjà comptabilisées dans les comptes de 2019. La banque s'attend à un retour de fortune progressif, en visant toujours une rentabilité nette de 8% en 2022.

Réduction de l'activité banque d'investissement

Dans la banque d'investissement, jadis navire amiral de la banque avant d'être rattrapée par de nombreux scandales, les recettes annuelles ont reculé en 2019 de 7% sur un an, à 6,96 milliards d'euros. Cette division est la plus visée par le plan de restructuration sans précédent annoncé en juillet et qui passe par la suppression d'un cinquième des effectifs globaux (soit 18.000 départs). 

À la fin décembre, la banque employait encore près de 87.600 personnes. Il s'agissait déjà d'un recul de plus de 4.100 personnes sur 2019. D'ici 2022, la banque veut voir ses effectifs ramenés à 74.000 personnes.

La perte globale enregistrée en 2019 est la seconde pire perte de l'histoire de Deutsche Bank après celle de 6,8 milliards d'euros en 2015. À l'époque, la perte faisait suite aux sanctions judiciaires records qui lui avaient été infligée pour ses excès dans la banque d'investissement.

Non, aux taux négatifs

Interrogé sur la possibilité de voir la banque exercer des taux négatifs, comme certaines de ses consœurs, Christian Sewing a balayé l'hypothèse d'un revers de la main. "Je ne pense pas que la première banque allemande appliquerait des taux d'intérêt négatifs aux comptes de ses clients particuliers. Je ne pense pas que ce soit une option."


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