650 emplois supprimés chez Axa Belgium

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Axa Belgium a annoncé son intention de procéder à un licenciement collectif. L'assureur avance le chiffre de 650 emplois au cours des deux prochaines années. Et pour ceux qui restent, une négociation sur la masse salariale aura lieu.

Un conseil d'entreprise extraordinaire était organisé ce lundi matin chez Axa Belgium. Les syndicats étaient très inquiets. Dans un communiqué diffusé en fin de matinée, la compagnie d'assurances estime que son plan stratégique (lire plus bas) pourrait mener à la perte de l’emploi de 650 personnes au sein de l’entreprise au cours des deux prochaines années. En début de matinée, la CGSLB évoquait le chiffre de 850 emplois d'ici à 2020. En fait, le syndicat libéral craint que d'autres départs volontaires soient réclamés après 2018.

Nous devons nous adapter aux demandes qui changent de nos clients et courtiers.
Jef Van In
CEO

L'assureur précise que la stratégie 2020 sera analysée et discutée avec les représentants du personnel afin de limiter l’impact sur l’emploi et plus particulièrement, le nombre de licenciements secs. Du côté des autorités belges, le Premier ministre Charles Michel se tient informé de la situation chez Axa. Il a eu un contact avec la direction alors que son cabinet est lui en contact avec les organisations syndicales, a-t-on appris.

4.200
Environ 4.200 personnes travaillent pour l'assureur en Belgique.

Environ 10% du personnel, soit 300 personnes, devrait en outre déjà quitter Axa avant la fin de l'année. AXA a en effet demandé la reconnaissance de statut d'entreprise en restructuration, ce qui pourrait lui permettre de faire éventuellement baisser l'âge de la prépension à 55 ans et ainsi éviter des licenciements secs. Une mesure qui ne sera plus possible à partir de 2017, explique le délégué libéral Dominique Calistri.

3%
Selon des chiffres d'Assuralia, le secteur des assurances comptait en 2015 22.993 personnes sous contrat à durée indéterminée, contre 23.334 en 2014. La restructuration chez Axa pourrait donc avoir un impact d'un peu moins de 3% sur l'emploi dans le secteur

♦ Pourquoi?

Jef Van In, le CEO d'Axa. ©BELGA

"Nous devons nous adapter aux demandes qui changent de nos clients et courtiers", souligne Jef Van In, le CEO. "Nous allons adapter notre portefeuille de produits à partir du 1er janvier 2017, poursuivre nos efforts en matière de digitalisation et simplifier l'entreprise." "Axa est actuellement très solide, l'objectif est de le rester. D'importants efforts ont déjà été consentis dans le passé, mais le monde évolue tellement vite d'un point de vue digital que nous devons nous adapter à ces changements et à l'évolution des attentes de nos clients."

→ Le groupe va investir 200 millions d'euros dans l'accélération de la transformation digitale.    

♦ Pour quels services?

Le plan et ses conséquences pour l'emploi toucheront l'ensemble de l'entreprise, aucun service ne sera épargné, souligne également Dominique Calistri, de la CGSLB. "La fermeture de sièges à Louvain, Eupen, Gand et Charleroi, et le recentrage sur Bruxelles, Liège et Berchem (Anvers), ont été confirmés. On continue à digitaliser et à outsourcer. On s'attendait un peu à ce nouveau coup bas de la direction. Il y avait des bruits persistants qui couraient depuis six à sept mois."

♦ Quel plan de départ?

Le CEO Van In se dit prêt à envisager toutes les possibilités afin de réduire au minimum l'impact social de ce plan. "Il y a une panoplie de solutions pour éviter les licenciements secs: départs anticipés, réduction du temps de travail, reconversion... Il faut maintenant laisser la place au dialogue social."

♦ Et pour ceux qui restent?

Une discussion est prévue afin de tenter de réduire la masse salariale du personnel, notamment en abordant les avantages extra-légaux dont il bénéficie. Trois séances d'informations plus détaillées auront lieu mercredi, jeudi et vendredi lors de conseils d'entreprises extraordinaires.

Les derniers résultats semestriels de la partie belge du groupe n'étaient pas brillants:

  • le résultat opérationnel a baissé de 14,2% sur un an
  • le résultat opérationnel non-vie a chuté de 44,5% (en vie, il était en hausse de 25,3%)
  • l'encaissement brut pour les primes a baissé de près de 19%
  • par contre, la division bancaire a vu son bénéfice net augmenter de près de 50%.

 

Pour rappel, le groupe français a annoncé 2,1 milliards d'économies à l'horizon 2020.

Dans Le Figaro de jeudi dernier, le nouveau patron du groupe, Thomas Buberl, expliquait qu'Axa devait faire des économies et réaliser la transformation numérique du groupe. A la question concernant l'impact social des mesures, il répondait "pour les réductions de coûts, je suis convaincu que nous pourrons trouver des solutions qui respectent les "valeurs Axa", c'est-à-dire sa tradition socialement responsable". Il disait aussi: "50% de nos emplois  vont changer de contenu."

Un plan en 3 axes

Voici comment Axa explique son développement futur:

♦ un recentrage sur  les assurances dommages et les assurances pension pour les employeurs, les indépendants et les particuliers. Ce choix stratégique consisterait à arrêter de proposer de nouveaux contrats d’assurance-placement individuels à partir du 1er janvier 2017 
♦ une accélération de la transformation digitale via des investissements pour un montant de 200 millions d'euros
♦ une simplification organisationnelle et une amélioration de la structure de coûts

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