Après Lloyd's, la Belgique tente d'attirer d'autres assureurs à Bruxelles

Le ministre des Finances, accompagné de la BNB et de la FSMA, s’est rendu à la City de Londres pour vanter les atouts de Bruxelles pour les institutions financières à l’heure du Brexit.

L’extravagant bâtiment de verre et d’acier de Lloyd’s, installé au cœur de la City, accueillait mercredi le ministre belge des Finances Johan Van Overtveldt, Pierre Wunsch, vice-gouverneur de la BNB, et Jean-Paul Servais, président de la FSMA. Leur objectif? Vendre aux grands membres des Lloyd’s, le plus grand marché d’assurances et de réassurance au monde, les atouts de Bruxelles en tant que centre financier.

Cette visite fait suite à la décision de Lloyd’s lui-même, annoncée le 30 mars, de s’implanter à Bruxelles pour conserver un accès sans entrave au marché unique européen malgré le Brexit – une destination qui a finalement été préférée à Dublin ou Luxembourg. "Nous espérons que la décision de Lloyd’s n’est qu’un point de départ, et nous nous attachons à développer un cadre pour que les compagnies financières se sentent chez elles à Bruxelles", souligne Johan Van Overtveldt.

Au-delà des points forts de Bruxelles habituellement mis en avant – son rôle de capitale de l’Europe, sa position géographique centrale, son économie ouverte, sa qualité de vie ou sa main-d’œuvre qualifiée –, le ministre des Finances a souligné l’excellente qualité de sa régulation. Un élément clé dans la décision de Lloyd’s de jeter son dévolu sur Bruxelles, confirme son président John Nelson. "Pour Lloyd’s, ce qui est crucial, c’est sa réputation. Partout où nous nous installons, nous voulons être sûrs que nous soyons bien régulés. Nous voulons une régulation de bonne qualité, qui peut être dure, mais qui doit aussi être capable de répondre rapidement", explique John Nelson. Et cela, le prestigieux marché tricentenaire des assurances l’a trouvé en Belgique. "Nous avons eu un excellent dialogue avec les autorités belges, très ouvert et très fructueux", insiste Hayley Spink, responsable du programme Brexit chez Lloyd’s. Le travail effectué par la Banque nationale de Belgique pour prendre en compte le modèle unique de Lloyd’s a visiblement payé. "Et si les documents officiels doivent être rédigés en français ou en néerlandais, l’essentiel du travail peut se faire en anglais", note Pierre Wunsch. Le genre d’argument qui peut faire la différence.

L’ouverture du hub européen de Lloyd’s à Bruxelles, début 2019, représente quelques dizaines d’emplois seulement – pour une partie, du personnel venu de Londres, et pour une autre partie, des recrutements locaux. Mais ce nombre pourrait augmenter. "En étant physiquement présents au cœur de l’Union européenne, nous espérons que la pénétration de Lloyd’s sur le marché européen va s’améliorer", explique John Nelson.

Un autre candidat

Sa décision pourrait aussi faire des émules. Avec le Brexit, d’autres acteurs de la finance cherchent une implantation sur le continent pour préserver leur passeport européen. Près d’une vingtaine d’importants syndicats qui regroupent les membres investisseurs qui travaillent sous la coupole des Lloyd’s étaient présents mercredi. Et les autorités belges mènent des discussions très concrètes avec un important assureur pour une installation à Bruxelles, a appris L’Echo.

"Là où nous travaillons, nous avons tendance à créer un écosystème autour de nous, au sein duquel sont actifs une série d’avocats ou de comptables spécialisés", ajoute le président de Lloyd’s. Un atout supplémentaire potentiel pour la Belgique, qui aidera peut-être à compenser une des préoccupations des institutions financières: sa fiscalité. Interrogé sur la réforme de l’impôt des sociétés, Johan Van Overtveldt est resté vague. Il a reconnu qu’avec un taux nominal d’imposition de 33,99%, la Belgique pouvait difficilement être compétitive. "Le processus pour réformer cet impôt est lancé. Il y a beaucoup d’options sur la table. J’espère que nous pourrons aboutir durant le courant du mois de juillet."

Lire également

Publicité
Publicité

Echo Connect