Axa Belgique a-t-il ouvert la boîte de Pandore avec ses suppressions d'emplois?

©IMAGEGLOBE

Axa va sabrer dans ses effectifs. Ethias pourrait fusionner avec Belfius au prix de pertes d’emplois. La rentrée sociale s’annonce chargée dans le secteur financier avec une attention toute particulière apportée à ING.

La rentrée sociale s’annonce chaude dans le secteur financier belge. Axa Belgique a ouvert le bal en annonçant au début de la semaine la suppression de 650 emplois au cours des deux prochaines années. Quant à l’éventualité d’un rapprochement entre Ethias et Belfius, elle laisse craindre le pire aux syndicats.
"L’annonce d’Axa est une annonce phare", explique Philippe Samek, CNE. "Toutes les institutions font face aux mêmes difficultés que sont les taux bas, la digitalisation et l’ubérisation des services". À la liste s’ajoute aussi la concurrence accrue sur le marché belge.

Les regards se tournent donc désormais vers les autres acteurs qui dans les prochains jours et semaines réuniront leurs représentants du personnel en conseil d’entreprise. Rien ne dit toutefois qu’un bain de sang social se précise dans l’immédiat le secteur financier. Il ne semble toutefois pas évitable dans les 3-4 ans à venir.

"Depuis 2008, le secteur a connu de nombreuses restructurations sans jamais toutefois recourir à la loi Renault. Aujourd’hui, tous les outils d’ingénieries sociales telles les prépensions et autres sont épuisés et il faut trouver d’autres solutions", ajoute le secrétaire national de la CNE.

Banque vs assurance

Si les banques et les compagnies d’assurance connaissent des défis semblables (digitalisation, faiblesse des taux), les schémas semblent différents.
"Axa met son annonce sur le compte de la digitalisation et des taux, mais il y a surtout chez eux un problème de management trop laxiste des années durant", indique Jean-Michel Cappoen, SETCa. Il attend désormais les précisions sur le plan mais s’interroge déjà sur la possibilité de rayer 650 emplois dans la compagnie sans aucun licenciement.

Aujourd’hui apparaît le dossier Ethias. Le gouvernement, qui il y a peu de temps encore envisageait de se défaire de Belfius en tout ou en partie, envisage désormais de réunir l’assureur liégeois à Belfius. Pour le secrétaire général SETCa, Égidio Di Panfilo, il s’agit d’un premier pas vers un bain de sang social chez Ethias et Belfius.

ING veut des indépendants

Dans le secteur bancaire, la préoccupation du moment porte sur "la franchisation des réseaux". Après BNP Paribas Fortis, ING a aussi décidé de transformer son réseau de salariés en réseau d’indépendants.

Le conseil d’entreprise de la semaine prochaine est très attendu. "ING continue de transférer des agences salariées vers des agences indépendantes sans contrôle et sans cadre de négociations. Des pressions sont effectuées sur les salariés qui poussé à bout démissionnent pour aller vers le réseau franchisé en perdant souvent leurs acquis, leur ancienneté", déplore Jean-Michel Cappoen qui entend des explications de la direction sous peine de se tourner vers la commission paritaire. Ces transferts toucheraient selon lui quelque 4.500 personnes.

Le même phénomène est enregistré chez BNP Paribas Fortis à la différence qu’il se fait en toute transparence et après négociations avec les syndicats.
ING semble donc le gros dossier de la rentrée.

BNP Paribas Fortis a d’ores et déjà planifié deux journées de réunions fin du mois. Un état des lieux de la situation est attendu ainsi que la présentation d’un plan par la direction des ressources humaines. Pour l’heure, la rumeur court. On sait l’enseigne très focalisée sur une amélioration de son rapport "coûts/bénéfice".

La rentrée s’annonce plus sereine chez Belfius. "Après le dégraissage enregistré ces dernières années chez Belfius, il est temps de revenir à un peu de stabilité. Si on n’échappera pas à certaines discussions, les ambitions de Belfius sont telles que le personnel sera nécessaire." Lors de la première réunion, la direction a expliqué ses ambitions d’une digitalisation accrue.

Reste toutefois chez Belfius l’épineux dossier du précédent plan signé uniquement par les syndicats chrétiens. Le dossier a été porté devant les tribunaux par les représentants libéral et socialiste. "On ne peut pas balayer d’un revers de main des conventions qui ont été signées à trois". Une audience est prévue le 20 octobre. Un jugement est espéré d’ici la fin de l’année.

Enfin, chez KBC, les syndicats espèrent que la garantie d’emploi durement acquise jusqu’en 2017 les met momentanément à l‘abri.

 

Lire également

Publicité
Publicité

Echo Connect